Julian a une voix aérienne, qui lorsqu’on l’écoute ne peut pas laisser indifférent.  C’était peu après la sortie de son premier EP, Nouvelles du ciel,  en Juin 2008 qu’il avait accepté de répondre à mes questions.

Quel est ton parcours ? Comment es-tu venu à la musique ?

Au début pour être franc, je voulais faire comme à la télé. J’avais 10 ans et je trouvais çà cool. J’ai ensuite pris des cours : 5 ans de guitare classique, 1 an de guitare électrique et  2 ans de basse. Plus je découvrais des artistes, plus je découvrais des sensations fortes. C’était mieux que tout..
A 18 ans, je suis rentré dans une école de son après le bac : la SAE et je suis devenu ingénieur du son dans un studio.
Puis un jour, un  ami musicien, Thomas Semence, m’a demandé de jouer une de mes chansons. Je me suis senti honteux de jouer  mon demi-refrain  et mon quart de couplet devant lui. C’est à ce moment que j’ai réalisé qu’il fallait que je  travaille beaucoup plus et que je n’y arriverai qu’en “coupant ma vie en deux“.

J’ai donc décidé de partir à Vancouver pendant 6 mois pour créer un avant et un après. Là-bas, j’ai acheté une guitare, un 4 pistes à cassette, louer un piano et j’ai composé, maquetté…

Ces chansons sont devenues à  mon retour celles de mon premier groupe : Zhen. L’aventure a durée 4 ans. On a pas mal tourné sur Paris, fait des premières parties,signé chez Chrysalis,  on bossait beaucoup.

A l’arrêt  du groupe, j’ai mis du temps à m’en remettre musicalement et revenir à mes premières inspirations… J’ai alors commencé, parallèlement à ma carrière de chanteur, à réaliser pour d’autres gens, et je le fais de plus en plus.

Tes chansons sont-elles toutes autobiographiques ?

Elles le sont toutes d’une manière ou d’une autre. À vrai dire, même quand ce n’est pas moi qui les écris, je me les approprie totalement.  On vit souvent des histoires similaires, l’important est que le chanteur parle de SON histoire, qu’il l’ait écrite ou pas.

En fait, écrire est un besoin. J’ai besoin que les idées sortent. Si je n’écrivais pas, je deviendrais violent, je pense. J’écris beaucoup : des bouquins, des lettres, même si je ne les envoie pas. Je ne comprends même pas comment on fait pour ne jamais  écrire.

Tu as plusieurs auteurs et musiciens qui travaillent avec toi, comment choisis-tu ces collaborations ?

Zhen avait pour politique d’avoir toujours la meilleure chanson, le meilleur arrangement, le meilleur son, etc… J’ai compris  par la suite que tout devait tourner autour de mes envies et de mes goûts, que je devais chercher ce qui me correspondait le plus et non ce qui était, objectivement, le mieux. Du coup, je collabore avec des amis, des gens que j’aime  et je privilégie les ressentis, les bons moments passés avec eux.

On peut me proposer un texte très bon, mais qui n’est pas pour moi. C’est le chanteur qui défend la chanson devant le public, elle doit le toucher profondément pour pouvoir l’interpréter et que cela puisse parler aux gens.

Tu joues plusieurs instruments, lequel préfères-tu ?

La voix, définitivement. Le reste est accessoire, un moyen d’accompagner le texte. Ce qui ne m’empêche pas d’être frustré  devant un piano ou une batterie car je n’en joue que moyennement et ce sont, je crois, mes instrument s préférés.  Du coup, je m’entoure d’excellents musiciens.

Quelle est ta façon de composer ?

Ca dépend, ce n’est jamais pareil. Par exemple, pour “Je m’arrange“, cela s’est fait en 10 min et puis j’ai changé plein de trucs lors de l’enregistrement, même des bouts de textes. Par contre, cela fait 4 ans que j’essaye de finir le titre “Ce n’est rien“.

Le plus souvent, c’est la musique qui vient en premier et les textes ensuite. Et dans le meilleur des cas, c’est tout qui vient en même temps. L’objectif n’est pas d’avoir une méthode et de s’y tenir… Il faut essayer plusieurs méthodes. Ce qui compte, c’est le résultat.

Le cinéma, les concerts,les livres, les rencontres me donnent envie d’écrire. Je suis ouvert à tout ce qui vient. Quand je veux écrire, je multiplie  les chances pour que “ça“ arrive : se poser chez soi avec un verre, prendre mon temps, laisser la porte ouverte aux idées et aux mots. Et puis, j’ai toujours un carnet sur moi… Je suis souvent en avance au rendez-vous, du coup j’observe  et j’écris..

Comment te sens-tu avant un concert ? As-tu un rituel ?

Avant le concert, je me demande souvent pourquoi je m’inflige  ce trac. J’ai même envie sur le coup de tout arrête,  car c’est une vraie  torture. Mais plus j’en fais, plus je me sens à l’aise. Cela dépend aussi de l’ambiance et de l’accueil de la salle.

Une fois sur scène, je me sens chez moi… en mieux. Et en même temps je réfléchis beaucoup : un plantage que j’ai fait, un regard ou une absence de réaction…
J’ai l’impression d’être  à nu, de montrer les meilleurs cotés comme les pires, mais il n’y a pas de réelles conséquences. En descendant de scène, soit j’ai envie de faire la fête, soit de rentrer tranquille chez moi. Je ne suis pas toujours très social.

Pour moi le concert est fini quand le matériel est rangé et en sécurité. C’est seulement à ce moment-là que je me détend, c’est un tic, une manie.

Avant de jouer, je fais du yoga, de la méditation, j’essaie de faire le vide.

Avec qui aimerais-tu faire un duo ?

Avec plein de gens ! En France, Kayna Samet, c’est une chanteuse plutôt rap et RNB (il chante un morceau de sa chanson) et avec des copains avec qui je fais souvent des concerts et des duos : Idriss  El Mehdi, Lena Ka, Apel Doorn

J’écoute beaucoup de musique anglophone. Jeff buckely est mort, mais il reste Radiohead, Skin , la chanteuse de Skunk Anansie et Ben Harper évidemment.

Quels sont tes projets ?

Je veux écrire et écrire encore… chercher l’excellence.

Avant de sortir l’album, j’aimerais faire encore 2  EP (LP=Long Play, EP = Extended Play, SP =Short Play, c’est un single) où je testerai des choses en écriture  et en production…

J’ai d’autres projets annexes mais je me concentre sur celui-là.

Quels sont les thèmes que tu aimerais aborder ?

D’autres choses que moi et mes histoires d’amours : de la vieillesse, des enfants soldats : comment on les force à devenir violent, des prostitués à Paris qui ne parle même pas français…

LE QUESTIONNAIRE MOOD

Si je devais me décrire en trois phrases :
Je parle trop. Je suis passionnément sensible. Je fais de mon mieux.

Pourquoi vous devez acheter mon disque ?
Pour pouvoir payer les musiciens  du deuxième. Et puis, si on fait de la musique, c’est aussi pour que les gens la reçoivent.

Le matin je me lève parce que…
Parce qu’on ne m’attend pas… Si je ne me lève pas, que je ne vais pas chercher ce que je veux, personne ne viendra me le donner.

Sous la douche, je chante…
C’est très rare mais c’est bon signe quand ça arrive. Je ne chante pas trop, sinon je gaspille  trop d’eau.

Ce qui :

m’émeut : certaines personnes, le fait de me sentir connecté aux gens, de voir qu’on est tous pareils … Les gens qui se mettent à nu, et il y en a très peu, qui ont la force et le courage de montrer leurs mauvais côtés et d’assumer leurs faiblesses

me fait rougir : pas grand chose

m’ennuie : les choses qui se répètent, ça me donne envie de mourir :  les conneries qu’on fait, qu’on répètent, les discussions interminables qu’on a déjà eu, les mêmes cons qu’on rencontre sans cesse…

Me fait plaisir : Beaucoup de choses : Les amis, la musique… La bonne chaire, la bonne vie, la bonne baise, les beaux endroits… Partager avec ceux qui donnent autant que toi.

Me fait horreur : Ma lâcheté. Chez moi et les autres : la bêtise.

Me met en colère : L’humiliation en générale et au sens large…

Me fait sourire : Plein de choses aussi. Les gens qui font des choses bizarres  sans savoir pas qu’on les regarde. Le public . Sentir les gens en communion. Le sourire chez moi est une petite expression qui exprime un grand sentiment.

Par amour, je suis capable de : Tout, j’ai déjà fait pas mal de choses par amour. Il y a juste quelque chose dont j’aurai du mal à me passer, même par Amour, c’est la musique.

Ma petite manie : Je fais des listes : les choses que j’ai à faire, ou avant de commencer à écrire :   des listes de restrictions . Je suis parfois trop organisé.

Dans une autre vie, je serais… Architecte.. Non en fait, il y a trop de choses que j’aurai pu être, je ne sais pas. En tout cas, toujours dans la création et le partage.

Ce qu’on dit de moi : faut leur demander ! Que je parle trop sûrement!

Ce qui me manque aujourd’hui : Ma prochaine chanson. Évidemment, sinon, de l’argent, pour m’offrir du temps, des guitares, un studio…

Ma devise : Tu reçois ce que tu donnes

Un jour j’irai : au paradis

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2 Commentaires

  • Bien Sympathique cette itw de Julian et jolies photos .. merci ;o)

  • [...] vous en ai parlé récemment. Julian prépare actuellement la sortie de son nouvel EP “Ce n’est rien”. [...]

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QUI JE SUIS


Photographe, consultante web et dénicheuse de talents. Je suis parisienne d’adoption. Je partage ici mon travail, découvertes et inspirations.

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