Une Petite Pause résonne comme une invitation à s’arrêter et regarder le monde autour de soi. Le premier album de Pascal Sangla fait sourire, et même parfois pleurer. Originaire de Bayonne, cet amoureux de théâtre et de musique travaille sur plusieurs projets en même temps. Il nous explique comment cela lui permet de relativiser la sortie de son premier opus. Nul doute que Pascal Sangla aime la scène et tourner en dérision ce qui l’embête dans la vie. ll se produira en première partie de Rose le 8 mai à Tarno et les 17, 24 et 31 mai au Zèbre de Belleville. De bons moments en perspective.

Pourquoi avoir choisi le piano et le théâtre ?

 Mon grand frère faisait déjà un peu de guitare. Le Conservatoire était à côté de chez nous. J’ai eu pas mal de chance géographiquement au départ. Le piano m’a attiré, c’était grand et beau. Vers cinq ans, j’avais déjà envie d’en jouer. Je suis rentré au Conservatoire jusqu’au bac et j’ai suivi toute la formation classique. Je ne me souviens pas avoir vu des pianistes qui m’aient donné envie, c’est vraiment l’instrument en lui-même. C’était visuel.

J’ai démarré le théâtre au même moment, vers six ans. Mon premier souvenir c’est d’avoir vu Jean Rochefort à la télé qui présentait une émission pour enfants. Pour lancer sa comptine, il faisait un geste (ndlr : il mime un triangle avec le doigt). J’adorais complètement. Je voulais être sur scène en fait. Je pense que c’est pour cela que j’ai commencé la musique et le théâtre. J’ai eu la chance de pouvoir continuer et mélanger les deux.

Pourquoi cet amour de la scène ?

Je crois qu’au début c’est l’ambiance qui me plaisait. Tout ce qui était lié à l’imagerie : voir des câbles traîner, des pupitres, les techniciens qui passent en speed… On retrouve cette ambiance aussi bien au théâtre ou en concert.
Aujourd’hui, je crée des histoires avec des gens avec qui je travaille depuis longtemps. Cela m’épargne aussi l’angoisse de démarrer avec la sortie du disque. J’en suis préservé parce que je fais plein de choses différentes et que ca reste une aventure humaine. On a tous des activités annexes qui font du bien, cela permet de se retrouver pour les concerts avec une fraîcheur totale. C’est la petite pause, certainement ce qu’on préfère tous. On ne l’aborde pas tellement différemment depuis qu’il y a le disque, on est toujours enthousiaste et c’est chouette ! Cela permet simplement plus de choses, de jouer plus.

Pourquoi avoir voulu figer ça dans un album ?

À la base, je n’étais pas très studio. On a fait deux ans et demi de concerts avant d’enregistrer. Il s’est avéré que c’était une bonne chose car, comme on connaissait très bien les morceaux de l’album, on a gagné du temps.
Au bout d’un moment, on a eu envie de changer de chansons et de passer à autre chose. Les gens nous demandaient aussi quand on allait sortir le disque car pour eux c’était une évidence ! On a eu envie de leur donner quelque chose et de se retrouver pour quelques semaines de travail différent autour des chansons.
Maintenant, il me tarde de retourner en studio. Mais cela sera toujours moins mon truc que la scène.

On reconnaît bien les instruments. Quel a été le choix des arrangements ?

D’abord, je voulais faire les morceaux qu’avec des instruments et ne pas faire intervenir d’électronique. Je ne me sentais pas de travailler avec quelque chose que je ne connaissais pas. On a uniquement fait de la prise directe d’instruments, on jouait souvent en même temps, surtout pour le trio qui est sur scène.
Ensuite j’ai fait le pari de faire un album de chanson française sans ukulélé. (Rires)
J’ai travaillé les arrangements avec Pascal Gaine, un grand compositeur de musique de film en Espagne. C’est un complice de longue date. Il a d’ailleurs composé les musiques de Fort, la pièce dans laquelle je joue actuellement. « Une Petite Pause », c’est comme une minimusique de film. On a essayé de créer des ambiances très nettes sur les morceaux.

Il y a des jeux de mots et des effets de style dans tes textes…

Pour Le Plus Beau des Trois, c’est parti de la salle des Trois Baudets qui a fait un appel à chansons. Il fallait mettre « Trois Baudets » dans la chanson. Je ne pensais pas du tout le faire. Et quand Le Plus Beau des Trois est arrivé, je me suis dit que, de toute façon, je pouvais écrire n’importe quoi puisque ça venait d’un jeu de mot débile. Ca m’a décomplexé, et c’est devenu un jeu.

Pour Comme Ca, j’ai essayé d’écrire la fin d’une ligne avec le début de l’autre et de voir jusqu’où je pouvais aller sans jamais m’arrêter. C’est un exercice d’écriture comme on pourrait le faire en atelier.

J’ai senti comme une vision enfantine dans tes chansons, comme le fait de parler aux choses…

Ça va mieux, mais dans les spectacles précédents il y avait beaucoup d’enfants. C’étaient des spectacles instrumentaux.
J’ai un rapport biscornu avec le fait de grandir. Je ne sais pas si c’est un truc que j’ai gardé ou que j’ai refusé qu’on m’enlève. Je n’aime pas être emmerdé par les choses de manière générale. Dans une chanson sur scène je dis : « C’est fou ce que ça fait du bien de décider que ça ira, pour un moment, pour trois fois rien, ça se refuse pas. » Cela résume assez bien comment je vois les choses.

Joues-tu de nouvelles chansons sur scène ?

Oui beaucoup, on a presque un deuxième album. On a commencé à lister ce qu’on avait et ce qu’on avait envie de faire, et je pense que le prochain sera plus rock. On peut citer Une Petite Bêtise qu’on joue depuis longtemps sur scène et Ma Chanson Noire que j’aime beaucoup. J’ai toujours rêvé d’être un mec hyper classe comme Humphrey Bogart ou un gangster comme Al Capone… C’est une chanson où je suis un mec super (rires).

Dans certaines chansons tu as un accent : un hommage à tes origines ?

L’accent du Papillon Blanc est indéterminé. Je ne sais pas faire les accents. En fonction du soir, il est plutôt québéco-belgo-basque. Quand on me demande s’il est québécois, je réponds toujours oui, comme ça j’ai l’impression que je suis un vrai imitateur. Mais je ne sais pas exactement d’où il vient.
Sur Le Plus Beau des Trois, c’est un hommage à ma mère. C’est un clin d’œil, comme on m’a fait perdre un peu l’accent, si je peux en caser deux ou trois…

Ta playlist du moment ?

Eric Bibb, Ed-Laurie, JP Nataf évidemment, Higelin toujours un peu quand même… Et il faut que je rajoute une nana quand même : Cœur de Pirate et Berry pour sa chanson Demain.

SON CONSEIL AUX JEUNES TALENTS

De foncer ! Et d’insister un peu quand même… L’industrie musicale ne va pas bien et on entend tellement de choses contre le disque qu’on oublie que c’est quand même marrant. Je pense qu’à partir du moment où on a une bonne équipe et qu’on a des chansons qu’on aime chanter, il faut foncer et patienter, faire des concerts et d’autres activités à côté. De mon expérience, faire d’autres activités du même ordre, dans le même milieu, m’aide à avoir un rapport à peu près sain avec mon tour de chant. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne faut pas se faire bouffer le moral.

 Quand on demande à Pascal Sangla d’improviser une chanson à partir de 5 mots, çà donne çà… 

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Photographe, consultante web et dénicheuse de talents. Je suis parisienne d’adoption. Je partage ici mon travail, découvertes et inspirations.

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