This Is The Hello Monster ! nous présente son projet musical entre performance et pop musique.

This Is The Hello Monster ! est le projet musical de Gérald Kurdian. Cet ancien étudiant des Beaux-Arts s’est toujours intéressé au spectacle et aux sons en particulier. Après avoir réalisé sa première « comédie musicale de science fiction » sous forme de performance-concert et s’être vu décerné le prix de Paris Jeunes Talent en 2009, il se lance aujourd’hui sur la scène musicale avec un premier album éponyme. « C’est un groupe comme Grizzly Bear, avec sa pop élaborée, qui m’a encouragé dans ce sens là ». Un artiste à l’univers bien marqué que vous pourrez découvrir le 26 juin aux Solidays.

Pourquoi le nom This Is The Hello Monster ?

A un moment donné, j’étais obsédé par les montres et j’avais envie d’attribuer un monstre à chaque émotion, comme celui du remerciement, par exemple. Je voulais que cela puisse reflèter tous les aspects de la personnalité, parce qu’une personne est complexe, avec différentes facettes.
« This Is The Hello Monster ! » c’est le monstre du show time, il annonce le spectacle, comme dans les années 60 où quelqu’un venait présenter l’artiste.
Il y a quelque chose d’inquiétant dans la consonance de ce nom avec « hell » et « monster » mais en même temps il reste sympathique.

Te considères-tu comme un plasticien ?

J’ai longtemps hésité, mais je me considère aujourd’hui comme un musicien qui utilise la musique comme un outil dans différents domaines. C’est également un champ de recherche : la figure du musicien est intéressante car elle pose d’emblée des questions économiques et idéologiques.
J’ai commencé une formation en danse contemporaine car l’endroit me paraissait le plus adapté et le plus accueillant pour faire des recherches en spectacle.
A partir de là, j’ai commencé à faire des musiques pour des chorégraphes et développer des petites performances articulées autour de chansons. Elles ont pour but de développer l’imaginaire et de créer un lien avec le public. Je suis très préoccupé à ne pas créer trop de distance entre l’objet artistique et les gens. C’est une question qui s’est beaucoup posée aux Beaux-Arts, notamment avec l’art contemporain.


Est-ce que TITHM, c’est des chansons d’amour ?

Elles sont toutes reliées à quelqu’un sans pour autant être des déclarations. Le titre TV Shows aborde la question de l’amour par l’oblique, je parle de trouver un rythme commun avec quelqu’un. Toutes les chansons sentimentales ne traitent pas de l’amour obligatoirement. Toutes les intensités, les émotions d’une chanson, ne tournent pas autour de la relation amoureuse. Ce qui ne veut pas dire qu’on a pas besoin des chansons d’amour, pour moi ce sont des moyens de transmissions magnifiques.

Pourquoi avoir voulu faire une comédie musicale de science-fiction ?

C’était logique : j’avais envie de faire une comédie musicale et ma musique est toute indiquée pour créer un cadre et une atmosphère propice à ce genre.
Pour la science-fiction, je me posais des questions sur la science : c’est très abstrait et très vite, on ne comprend rien, un peu comme la poésie. Je voulais travailler avec cet imaginaire-là et le combiner avec la science la plus accessible, la science-fiction. J’aime son côté cheap : c’est une maquette de toutes nos angoisses.
Le spectacle s’appelle 1999 avec pour sous titre « Ou pourquoi les méchants ont toujours l’accent russe ». Dans les premiers films SF des années 70s, les méchants étaient identifiés comme tel à cause de la guerre froide. J’aimais bien ce rapport entre la SF et la réalité. J’ai sans doute aussi été influencé par une mission que j’avais faite pour France Culture et pour laquelle j’avais étudié le premier atelier de création radiophonique : La Guerre des Mondes de H.G Wells. Comme cette création a été diffusée sous format de billet d’information, des milliers d’Américains sont sortis de chez eux croyant que c’était vrai. Je trouve cela génial. Mais j’ai écrit mon spectacle à partir de la série Cosmo 1999 : il s’agit plus d’amorces d’imaginaires, je lance surtout des pistes de possibilités.

Comment fais-tu pour avoir un imaginaire aussi développé ?

A partir du moment où tu choisis ce métier, tu choisis de te rendre disponible à une certaine manière de regarder le monde. L’imaginaire est ton outil et de manière complémentaire, l’analyse te permet de la canaliser pour être plus précis. Quand je travaille, j’ai besoin de rester en accord avec une certaine cohérence. Je fais le lien avec un certain état du monde : où je suis, dans quel contexte et qui y participe.
C’est important d’être concentré et assidu, bien plus que d’être un artiste polyvalent qui paraitra hallucinant. Mais à faire plein de choses, on perd de l’énergie et je trouve les propositions moins fortes. Le duo suédois Wildbirds & Peacedrums a cette force d’insistance et de ténacité. Ils ne font pas de compromis comme on peut en trouver sur la scène parisienne qui s’ajuste aux modes folk ou électro.
Pour mon prochain album, j’aimerais me concentrer sur la rythmique, mais surtout travailler avec des sources sonores autres qu’instruments ou voix. J’aimerais voir jusqu’où on peut aller dans la chanson pop sans tomber dans la musique expérimentale.

Souhaiterais-tu être accompagné sur scène ?

Oui, j’ai déjà joué avec une violoncelliste sur certaines dates. L’expérience sur le disque avec Olivier Marguerit a été géniale : un paysage énorme s’est ouvert à moi. J’ai envie de proposer autre chose que le format solo, même s’il est séduisant : c’est très absurde et étrange de voir quelqu’un seul sur scène. J’ai envie d’énergie, comme un duo avec un batteur, quelque chose de léger créant des tensions positives. L’annonce est lancée : je cherche un batteur héroïque.

Tes chansons n’ont pas de lien finalement avec la comédie musicale de SF ?

Non, mais c’est ca qui est intéressant. J’aime bien l’idée qu’elles ne soient pas mélangées au spectacle car elles forment comme un rébus. Il y a un champ imaginaire dessiné par la musique, et selon ce que je raconte autour de la chanson, tu ne percois pas la chanson de la même façon. C’est ca qui m’intéresse dans le spectacle : comment on arrive à manipuler l’imaginaire des gens.

Le message de tes chansons n’est pas compréhensible au premier abord.

Ca marche comme des petits nuages de notions : le message de la chanson n’est pas évident pour laisser au public le soin d’attraper les mots clés au vol. J’ai l’impression que de poser des petits miroirs pour que les gens projettent des idées dessus est plus intéressant que d’expurger mes malheurs. Je n’ai pas commencé à écrire des chansons par besoin thérapeuthique, mais pour créer des situations ludiques.

Ta playlist du moment ?

Wildbirds & Peacedrums, Beach House, Luc Ferrain qui fait de la création radiophonique, Efterklang « Performing Parades » – acheter « Performing Parades » au meilleur prix – et The Chap.

LA QUESTION DECALEE

PORTRAIT DECALE

Pourquoi avoir exposé le disque des Beatles « Sergent Pepper » chez toi ? A côté il y a Peter Pan et Superman…
Sur cet album il y a Eleonor Rigby, j’adore ce titre. La pochette est vraiment belle, cela raconte bien ce qui se passe dans les années 70 : avec la musique vient tout un imaginaire de symboles contemporains.
J’ai mis Peter Pan et Superman à côté car ils volent tous les deux. Peter Pan, c’est comme Alice aux Pays des Merveilles, c’est simple quand t’es enfant, mais c’est plus compliqué qu’il n’y paraît. J’aime bien les trucs un peu magiques.

Quelle est ta kryptonite ?
L’obsession parisienne d’avoir la classe, cela me tue.

Si tu devais avoir un pouvoir ?
La télépathie.

Si tu étais un objet technologique ?
Je serais un androïd chanteur de pop musique ou un talkie walkie

Quel est ton film préféré ?
Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy

Quel est ton livre de chevet ?
Howl de Allen Ginsberg

Si tu devais être un personnage historique ?
Laïka : le premier chien et être vivant à être allé dans l’espace

SON CONSEIL AUX JEUNES TALENTS
Soyez juste et tenace. Il faut savoir se défendre et tenir son bateau. Etre assidu, concentré et insistant.
Si vous avez une vision claire de ce que vous voulez faire, utilisez la comme moteur et rien d’autre.
Il faut également être curieux et ouvert d’esprit.

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QUI JE SUIS


Photographe, consultante web et dénicheuse de talents. Je suis parisienne d’adoption. Je partage ici mon travail, découvertes et inspirations.

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