J’avais adoré le teaser de Écris-moi annonçant le nouvel album de Manu Larrouy, à l’époque intitulé « Y-a des jours où je t’aime« . Deux singles et clips plus tard, Manu Larrouy sort enfin son album qui s’appelle finalement « Des Mots Doux, Des Mots Durs« . Très loin du style qui l’a fait connaître (mais siiii, souvenez-vous, Mec à la Cool c’était lui), Manu livre onze chansons écrites dans le cadre d’une reconquête amoureuse. Chaque jour, il envoyait un nouveau titre à sa belle, Céline, qui a fini par revenir.
Je suis tombée sous le charme de ces rythmes 80s et de cette avalanche de sentiments différents concentrés dans un seul opus. J’ai pu rencontrer Manu Larrouy dans un grand hôtel parisien afin de m’entretenir sur sa musique. Ambiance décontractée, Manu a même accepté de se prêter au jeu du questionnaire séducteur.

Après le Mec à la Cool tu es Le Prince Charmant ?

Il y a beaucoup de similitudes, c’est vrai. La chanson est un peu construite de la même façon, avec l’énumération des différentes personnalités dans les refrains. Le Prince Charmant est la version romantique du Mec à la Cool.

Comment décide-t-on de laisser de côté des thèmes d’actualité et de publier des chansons qu’on a écrit pour reconquérir une fille ?

Je ne sais pas si on le décide. Je me sens libre de raconter ce que j’ai envie sur le moment. Il se trouve que cela s’inscrivait dans une reconquête amoureuse, j’avais envie de faire des chansons sur cette histoire chargée. La continuité, elle est là : le « Mec à la Coûle » racontait l’histoire d’un mec sans étiquette, je le prouve ici.

Aujourd’hui, les chanteurs évoluent dans un monde très étiqueté. Parce que tu as eu du succès, tu vas reproduire la même chose, jusqu’à devenir une caricature. Il existe des albums où les artistes se parodient presque eux-même. J’ai envie de changer et de surprendre. On est un peu perdu parce que c’est mon deuxième album et qu’il est très différent du premier. Mais une fois que j’aurais réitéré cette manipulation plusieurs fois, on se dira « Manu Larrouy c’est celui qui fait des choses différentes à chaque fois ». On ne sera plus surpris par le fait que c’est surprenant, on sera juste surpris tout court.

Peux-tu nous parler des arrangements, qui rappellent les 80s ?

J’ai travaillé en collaboration avec Jean-Christophe Urbain (ex Innocents) et Jean-Paul Gonnod. Nous avons des savoir-faire assez différents et nous sommes complémentaires. Jean-Christophe est quelqu’un d’extrêmement créatif, il a cette culture des Beatles un peu à l’ancienne. Il est doué sur l’harmonie et a apporté des arrangements plus fins. Jean-Paul a un côté ingénieur du son plus moderne.

Je ne voulais pas rappeler les années 80s, je voulais surtout faire un son contemporain. Il est vrai qu’avec le choix des synthé, cela ressemble un peu à du Jacno, Daho… Au delà du fait que c’est les même instruments utilisés, j’assimile le côté romantique à ce son là. C’est ma génération, mes premières boums avec cet aspect amoureux dans les chansons.

Tu as écrit une chanson par jour. As-tu gardé toutes les chansons ?

Oui, j’ai écrit sur une période très courte le squelette des chansons en guitare ou piano voix. Je maquette tout à la maison d’habitude, mais je n’ai pas eu le temps. On a travaillé les arrangements en studio, on a choisi le studio de la Reine dans le 13ème pour sa grande capacité d’instruments. On a tout sorti, c’était super créatif et intéressant.

Une chanson se dégage de l’album par des arrangements très épurés : Céline.

Céline est la chanson ultime et la dernière que j’ai écrite, celle qui a fait que le contact est revenu. Je me suis dit que si le reste ne marchait pas, j’aurais une dernière cartouche : la chanson avec le prénom de la fille, qui finit par « je t’aime », la totale ! J’y suis allé à fond sans réfléchir. Le morceau ne pouvait qu’être super minimal. C’est d’ailleurs le seul titre enregistré en mono.

Tu as changé l’ordre des chansons par rapport à la version initiale ?

On a changé deux chansons pour les radios. Le premier ordre était une approche musicale. Le deuxième met en avant le fond. Cela change l’écoute du disque, on fait plus attention à son sens textuel.

Tu as fait un duo avec Céline sur Le Parapluie, pourquoi l’avoir amenée dans l’aventure ?

C’était un duo et je cherchais des chanteuses ou actrices. A force d’évoquer qui pourrait venir chanter la chanson, je me suis aperçu que le mieux, par rapport au propos, c’était elle. Elle s’est prêtée au jeu gentiment. Il a fallu négocier dur (rires).

Elle a une voix plus grave que la mienne. Quand on a commencé, on avait l’impression qu’on inversait les rôles. On a changé les tonalités pour qu’elle soit en dessous et que je puisse chanter au dessus.

Il y a une phrase dans une de tes chansons qui m’intrigue : « je reviens des ténèbres, je suis devenu célèbre »

C’est la chanson qui ouvre le disque Le Break. La tournée du « Mec à la Coûle » n’a pas arrangé mon histoire. C’est une référence au mythe d’Orphée. Ce n’est pas la question d’être célèbre, c’est qu’elle n’était plus là.

Tu n’as pas peur de repartir en tournée alors ?

(rires) L’expérience fait que c’est une nouvelle aventure.

Tu peux nous raconter un peu ta collaboration avec M, il paraît que cela a été un déclic pour toi, niveau chanson ?

C’est la première rencontre que j’ai faite quand je suis arrivé à Paris. J’ai travaillé sur son album instrumental. Voir un artiste confirmé travailler m’a permis d’apprendre beaucoup de choses en peu de temps.

Tu as fait d’autres collaborations, notamment avec Luciole et Maya Barsoni ?

J’avais déjà écrit une chanson dans l’album précédent de Maya, La Pompe à Diesel. Elle m’a appelé pour son deuxième album. Pour un autre artiste, il faut faire un effort pour s’adapter à son univers, sa personnalité et sa façon d’interpréter. Avec Maya, c’est différent, je peux écrire comme si c’était pour moi et cela lui va bien. Quand on s’est rencontré, on était dans la même phase d’amour délicat, son album parle aussi de sentiments.
Pour Luciole, je me suis occupé de parties musicales et de la réalisation.
J’aime travailler pour d’autres, cela inspire. C’est un peu comme être acteur mais pour de la composition.

Quel serait ton conseil aux jeunes talents ?

Faire des bonnes chansons ! N’attendre après personne. Il faut compter sur soit et croire en ce que l’on fait. Être déterminé. Il y a de plus en plus de chanteurs et de moins en moins de possibilités pour les entendre.

Questionnaire séducteur

Une chanson pour te mettre dans l’ambiance avant un premier rendez-vous ?
Le duo Relator de Scarlett Johanson et Pete Yorn.

Un lieu pour un premier rendez-vous ?
Un bar, çà marche toujours car un apéro c’est sympa. Je déteste le côté « on se fait un ciné », plein de gens font çà, « genre » on a un rendez-vous. Je préfère boire un verre, c’est un bon compromis. « Pourquoi ? » Si jamais cela ne fonctionne pas, on peut prétexter un dîner et partir ou si cela se passe bien, on peut enchaîner sur un resto. C’est technique (rires)

Un CD à offrir à une fille ?
J’éviterais le côté romantique du cd avec un message codé. J’enverrai plutôt quelque chose de décalé comme du Bob Dylan. Si on prend quelque chose comme du Joyce Jonathan, même si je l’aime bien, (il chante) « J’ai tant besoin de toi », le message est trop direct… je me sentirais douteux. Et si une fille m’offre çà, je fuis.

Un livre à offrir à une fille. ?
C’est comme le disque, j’éviterai un roman d’amour. Plutôt quelque chose comme du Stéphane Zweig.

Une chanson pour faire l’amour ?
Shade
, son super tube avec le saxo, c’est top !

Une phrase à dire en soirée pour briser la glace ?
Je ne suis pas sûr qu’il existe une phrase magique. Poser une question peut être une bonne façon de briser la glace à condition que tu t’intéresses à la réponse. Encore faut-il trouver la bonne question ! Si tu poses une question escarpin alors qu’il fallait poser une question boots, tu as foiré, et inversement… Une bonne question c’est comme Cendrillon et la bonne paire de chaussures !

Un film à aller voir ensemble ?

Là c’est pas pareil que pour le livre et le cd ! « Pourquoi ? » Un ciné, tu partages le moment… Tu peux donc aller voir un film romantique qui rentre dans le sujet et qui booste. Par exemple Perfect Sense, c’est une histoire d’amour où Eva green et Ewan Mc Gregor sont très beaux.

Un plat pour la faire craquer…
Un plat Top Chef ! C’est pas ma spécialité, je fais plus des salades. Un dessert, peut-être ? Non, c’est trop cliché. Une belle entrée ! C’est plein de promesses une entrée en fait, sans forcément t’engager. Une entrée froide et chaude : carpaccio de saint jacques avec un velouté aux potirons peut-être…

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1 Commentaire

  • Il est magnifique !

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Photographe, consultante web et dénicheuse de talents. Je suis parisienne d’adoption. Je partage ici mon travail, découvertes et inspirations.

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