Xavier dans Casse-Tête Chinois

« La vie est imprévisible » : c’est sur cette phrase de Cédric Klapish que s’est terminée la projection de la trilogie de L’Auberge Espagnole, Les Poupées Russes et Casse-Tête Chinois en avant-première le 11 novembre dernier au Grand Rex.
Cédric Klapish nous avouait en effet qu’il ne faut jamais dire jamais. Après L’Auberge Espagnole, il ne pensait pas renquiller pour une suite et pourtant nous voilà 11 ans plus tard.

On retrouve dans ce dernier volet ce qui a fait le succès des précédents films :

- Un portrait complet
On retrouve Xavier dans tous les aspects de sa vie : familial, amical, amoureux, professionnel. C’est ce qui fait la richesse de ces films : aucun aspect de sa vie et de ses doutes n’est négligé. Les différentes tranches du quotidien de Xavier sont décrites avec une incroyable justesse. Cédric Klapish confiait lors de sa conférence au Salon de la Photo qu’il est dans la culture française de traiter le quotidien, à l’instar de Pérec et l’Infra-Ordinaire, et à contrario des américains qui s’intéressent à l’imaginaire.

- Un focus sur la ville
Après Barcelone et Saint-Pétersbourg, c’est à New York que Cédric Klapish s’attaque. Ville qu’il connait bien puisqu’il y a vécu lorsqu’il étudiait le cinéma. On baigne tout au long du film dans l’atmosphère de New York, dans les problématiques du français qui veut s’y installer, loin des clichés.

- Des plans étudiés
Lors de la conférence Cédric Klapish a parlé de son rapport à la photographie. C’est un support qu’il aime beaucoup, et s’en sert surtout pour faire des repérages pour ses films : les lieux, les couleurs et la luminosité selon l’heure de la journée. New York est une ville très colorée, à l’inverse de Paris. Le réalisateur confiait qu’avec les nouveaux outils, il a pu se permettre certains montages sur l’Auberge Espagnole qu’il n’aurait pas pu faire auparavant. De la même façon, l’étalonnage prend aujourd’hui beaucoup plus de temps puisqu’on peut désormais modifier qu’une certaine partie de l’image et ainsi affiner des détails. Il s’est donc servi de tout cela pour servir l’histoire.
Je me souviens du plan à l’aéroport où Martine et Xavier se retournent alternativement dans l’Auberge Espagnole ou de la danse de Xavier dans la rue parfaite dans les Poupées Russes avec une poésie incroyable.

- Un titre expliqué
Rien est laissé au hasard dans cette trilogie.  C’est en toute logique qu’on retrouve Xavier dans des moments charnières de sa vie, où il écrit, où il nous explique pourquoi le film s’intitule ainsi. Comme le démontre la bande-annonce, Xavier se retrouve dans des situations plutôt pas banales, un vrai casse-tête, et chinois comme le quartier où il réside.

 - Une bande-son soignée
En revoyant les Poupées Russes, je me suis souvenue à quel point j’avais aimé la BO, autant les musiques instrumentales que les chansons russes comme Smile. J’avais également adoré celle du film Peut-Etre (que je vous conseille fortement de voir au passage). Une nouvelle fois Cédric Klapish a fait appel à son acolyte Loïk Dury qui officie maintenant sous le nom Kraked Unit, groupe qu’il forme avec Christophe “Disco” Minck.

Vous allez me dire : c’est bien de revenir sur les ingrédients qui ont fait le succès de ces films, mais est ce que tu as aimé Casse-Tête Chinois ?

Je dois vous avouer que je suis sortie mitigée. Plus par rapport à l’histoire que par rapport à la réalisation puisque Casse-Tête Chinois est un très bon film pour toutes les raisons évoquées précédemment. J’ai eu un plaisir non dissimulé à découvrir cette suite qui renferme quelques scènes clins d’oeil aux deux films précédents.
Je pense que la « déception » vient surtout du fait qu’on a quitté Xavier au début d’un parfait amour avec Wendy, c’est forcément un peu « douloureux » de voir ce bonheur s’étioler. Le reste est réaliste et aborde différents sujets actuels : s’expatrier à l’étranger, avoir un enfant quand on est homo, la garde partagée… Le tout est plausible mais j’aurais voulu que l’évolution de certains personnages ou certaines intrigues se passent autrement, même si c’était un très bon moment. Hâte de savoir ce que vous en aurez pensé.

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5 Commentaires

  • j’ai hate de le voir.
    je ne PEUX pas passer à coté !!
    quelle chance d’avoir ete à l’avant première avec Klapisch !! :)

  • Je vais le voir ce soir, j’espère passer un bon moment, mais je ne m’enthousiasme pas trop, les suites ne me plaisent pas toujours. Et j’aurais dû revoir les autres car je me souviens à peine de l’Auberge espagnole et pas très très bien des Poupées Russes.
    J’espère juste ne pas m’y perdre !

  • @auroreinparis : Je ne pense pas que tu t’y perdes. Les relations entre les personnages sont suffisamment bien expliquée, ça te reviendra je pense. Tu manqueras peut être les clins d’oeil, mais c’est pas le plus important. J’espère que tu passeras un bon moment. Curieuse d’avoir ton avis :)

  • Comme toi je suis resortie mitigée, tu peux lire mon avis ici: http://www.mylittlediscoveries.com/2013/12/casse-t%C3%AAte-chinois-de-c%C3%A9dric-klapisch-la-fin-d-une-trilogie.ou-pas.html
    J’étais ravie de retrouver tous les personnages, mais j’aurais aimé une autre fin. Du coup j’espère qu’il y aura un 4e volet d’ici une dizaine d’années! ;)

  • Je suis sortie du film en me disant « je ne me suis pas ennuyée, les images sont belles, les musiques sont tops, mais… ». Cédric Klapisch a fait des choix scénaristiques que je n’ai pas bien compris, et si on prend du recul et qu’on regarde les trois films, on se dit un peu « tout ça pour ça ? ». Toutes ces prises de têtes que je trouvais justifiées pendant les deux premiers films car elle le faisaient avancer et nous faisaient réfléchir… pour en arriver là ?!
    J’ai trouvé dommage qu’on ne retrouve pas plus de personnages de « la bande », car c’était ça aussi qui faisait le charme de cette saga : la bande de potes. Elle m’a manqué cette bande de potes. J’ai trouvé ça triste en fait.
    Et Cécile de France m’a ennuyée, je l’ai trouvé caricaturale. Ce personnage extrême qui passe si bien dans l’Auberge Espagnole devient une caricature d’elle même et ça aussi, ça m’a un peu rendu triste.

    En bref, je pense que je ne vais pas réellement retenir ce film, car j’ai adoré les deux premiers et que je trouve qu’il n’apporte réellement rien à l’histoire.

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QUI JE SUIS


Photographe, consultante web et dénicheuse de talents. Je suis parisienne d’adoption. Je partage ici mon travail, découvertes et inspirations.

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