Le nouvel album « 33 ans » de Ben Mazué qui sort le 22 septembre est un de mes coups de coeur de cette rentrée. Je vous avais déjà raconté comment ces chansons m’avaient saisies lors de son concert aux Trois Baudets. C’est profondément beau et criant de vérité. Avant l’interview, il a joué Vivant en acoustique. Je faisais pas la fière, une fois sur deux cette chanson me serre la gorge. Elle me rappelle un peu trop mon histoire personnelle et ce texte que j’avais lu sur l’importance de laisser vivre nos disparus à travers nous. De l’émotion, il y en a dans cet album, de toutes les étapes de la vie, et aussi ce titre plus léger : Ruby que j’écoute en boucle pour me donner la pêche. Hâte que vous puissiez écouter tout ça. En attendant, j’ai eu plaisir de revenir sur le parcours de Ben et sa philosophie de vie.

Ben Mazué par Ally pitypang

Quel a été le déclic ?

Le fait de jouer en groupe avec d’autres musiciens, cela s’appelait La Plage. C’était bien et frais, j’avais envie de poursuivre l’aventure et les autres non. M’apercevoir que j’avais envie de continuer plus que les autres a été le déclic pour en faire mon métier.
Mais même si je n’avais pas suivi ce chemin, j’aurais quand même écrit des chansons. Il n’y a pas vraiment de déclic pour ça, ça vient depuis tout petit je crois.

Tu as fait des études de médecine. On peut presque parler de reconversion. Je me demandais si le morceau L’Onde parlait de ça ?

Dans les gens qui travaillent dans la musique, surtout les musiciens, il n’y a pas de parcours classique. C’est toujours des parcours singuliers avec des histoires d’hommes relativement extraordinaires. J’ai un parcours plutôt ordinaire du coup. J’ai fait des études qui ne m’ont pas mené au travail que je fais aujourd’hui. Parmi les gens que je côtoie dans la musique, c’est assez commun.
Les études de médecine, c’est assez particulier : c’est une aventure en soit. On apprend un métier, un apprentissage de dix ans. Je n’ai pas perdu mon temps, loin de là, j’ai appris beaucoup de choses, y compris sur les hommes. Je ne regrette pas du tout.

L’onde ouvre l’album, partir de tout en bas pour aller de mieux en mieux, c’est ce que j’ai ressenti. C’est un morceau au fond du trou. Je passe mon temps à attendre une onde de choc qui va me passer dessus. L’onde c’est çà. Il y a aussi une part musicale importante aussi, quelque chose d’onduleux sur lequel on a travaillé avec Medi, qui a arrangé l’album.

Quelles sont tes pêches à l’inspiration ?

J’aime bien les gens : parler avec eux, les regarder. J’aime bien ce mécanisme qu’ont les humoristes de commencer une phrase par “je sais pas si vous avez remarqué”. J’aime bien essayer de remarquer des émotions pour en faire des chansons. Cet album est un portrait de différentes personnes et différents âges à différents moments de la vie. L’inspiration est vraiment venue des gens.

Par exemple, j’ai écris 54 ans lorsque j’étais parti chez mon père pour composer et on a eu une réflexion sur la retraite. Se mettre en retrait est beaucoup plus difficile qu’il n’y parait sur le papier. Arrêter de travailler est génial en soit mais en vérité, c’est difficile d’être mis en retrait de la vie sociale. J’ai imaginé quelqu’un qui partait en retraite anticipée, à qui la société lui disait qu’il avait beaucoup de chance, alors que lui avait l’impression d’être enterrer.

Du point de vue de la musique elle-même, je peux pas dire ce qui m’inspire. Ce qui est sûr c’est que je cherche ce qu’il y a d’agréable et pourquoi les gens aiment une musique. Je ne fais pas confiance à mon instinct, j’essaye de l’orienter. Je fais toujours un effort pour écouter, même si à priori c’est pas mon style.

Tu avais déjà pensé au concept de l’album avant de l’écrire ?

J’ai commencé à écrire 14 ans puis 35 ans,où j’ai développé cette idée de portrait. C’était mon fil rouge.

Quels sont tes remèdes dans les moments down ?

Comme je suis quelqu’un de relativement angoissé, si je fuis les moments où je suis triste, cela va être encore pire. Mon remède, c’est de les affronter franchement.

A ton concert , tu as dit que tu voulais être en osmose avec ton public et lui donner envie de pleurer, pourquoi ?

Transmettre une émotion est ce que je recherche en faisant de la musique. Avec ces chansons là, c’est vraiment de l’ordre de la larme, pas forcément de peine, mais de l’empathie : se libérer d’un poids. Je dis que je suis une pleureuse de cinoche. Il m’arrive régulièrement de pleurer au cinéma. Je n’y vois pas de faiblesse particulière. C’est très interdit de pleurer alors que c’est très autorisé de rire, alors que pleurer ce n’est pas toujours triste.

Quel est ton conseil pour les jeunes talents ?

De rester des jeunes talents ! L’émulsion et l’effervescence autour d’un projet naissant est la garantie d’une inspiration artistique de qualité. Il ne faut pas trop tirer sur des ficelles. C’est bien de se remettre toujours en question et de ressentir régulièrement l’excitation d’un nouveau projet.

Quelles sont tes motivations pour demain ?

Mes projets ! Continuer. J’aime et j’ai toujours aimé faire des projets et ça ne fait pas longtemps que j’aime aussi les réaliser. Pendant longtemps, j’ai beaucoup rêvé ma vie. Continuer à les réaliser est vraiment une bonne idée.

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1 Commentaire

  • Ça fait un peu plus que 5 questions là…
    … et c’est tant mieux !

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Photographe, consultante web et dénicheuse de talents. Je suis parisienne d’adoption. Je partage ici mon travail, découvertes et inspirations.

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