A l’occasion des 25 ans du groupe, Texas sort un album de reprises de leurs plus grands tubes en version soul et quelques inédits. J’ai été conviée il y a quelques semaines à rencontrer la chanteuse Sharleen Spiteri dans une ambiance intimiste. J’ai grandi dans les années 90s, sans internet, en étant une enfant de la télé habitant Lyon, alors ce genre de rencontre me parait toujours surréaliste.

Sharleen nous a rejoint en toute simplicité dans un bar. Nous étions quelques blogueurs préalablement réunis, prêt à boire ses paroles. Elle était d’ailleurs surprise qu’on prenne des notes. Il faut dire que la chanteuse a fait ce métier par passion pour la musique et aucunement pour être connue, et cela se ressent.

On est revenu sur sa relation avec la France, comment elle a découvert les chansons de Françoise Hardy et Serge Gainsbourg grâce à sa grand-mère française. Cela tranchait assez avec le répertoire qu’elle écoutait à l’époque, comme The Clash. Sharleen a évoqué le fait que les français chantent assez différemment des anglais, le son chez eux vient plutôt des tripes, comme Edith Piaf qui avait cette résonance.
Bien qu’ayant des origines françaises, Sharleen comprend mieux le français qu’elle ne le parle. Elle a pris des cours de français quand on lui a proposé de participer à The Voice, mais au bout de quelques mois, elle a préféré décliner sa participation à l’émission comprenant qu’elle ne pourrait pas s’exprimer aussi sincèrement qu’elle le voudrait.

Car oui, Sharleen n’a pas sa langue dans sa poche. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle préfère s’exprimer sur Instagram plutôt que sur les autres réseaux sociaux afin d’éviter de s’attirer les foudres des internautes. A contrario, elle n’hésite pas à défendre des causes féministes. Elle dit souvent qu’elle a connu des disparités de traitement dans la musique, mais n’a pas hésité à rester intègre pour autant. Outre-Manche, les chanteuses se montrent souvent nues, elle a appréciée qu’en France, on n’attende pas cela d’elle. Pour elle, le sexy est quelque chose de très subjectif, cela peut être une façon de se coiffer (Sharleen a d’ailleurs été coiffeuse avant d’avoir la carrière qu’on lui connaît) ou de se comporter, mais pas forcément la reprise de stéréotypes prédéfinis. “It is all about understand your references”. Elle cite ainsi Paul Newman, James Dean, Liza Minelli et la photographe Ellen Von Unwerth.

Sharleen s’appuie également sur des références cinématographiques. Il faut savoir que le groupe Texas doit son nom au film franco-allemand “Paris, Texas”, tout comme le prénom de sa fille qui est inspiré d’un film. La chanteuse nous a confié aimer le Docteur Givago et avoir ri devant le Dîner de Cons. Devant une telle culture, c’est étonnant que personne ne lui ai encore demandé de réaliser une bande originale de film.

Mais cela arrivera quand cela arrivera. Sharleen n’aime pas forcer le destin. Pour Start A Family, elle a pensé à la voix de l’acteur Alan Rickman pour sa sonorité. Comme celui-ci était un peu septique au début, elle lui a proposé de le faire et de ne pas utiliser sa voix si cela ne lui plaisait pas à la fin.

Rester fidèle à ses convictions et à ses intuitions, ce sont les ingrédients du succès dans le temps de Texas. C’est d’ailleurs le conseil que Sharleen donne aux nouvelles générations qui veulent faire ce métier : rester fidèle à ce qui fonctionne pour soi. Grâce à ses parents, Sharleen a eu confiance en elle, pouvant ainsi traiter tout le monde comme son égal, qu’elle ait un homme ou une femme en face d’elle, n’hésitant ainsi pas à donner son avis.

C’est aussi parce que je fais parfois les choses au feeling, que j’ai proposé à Sharleen de faire une photo pour immortaliser cette rencontre. Le lieu était sombre et il y avait un grand drapeau américain éclairé. C’était l’occasion de mettre en pratique mes inspirations Pinterest, privilégiant le côté graphique, alors j’ai proposé à Sharleen de la prendre devant, malgré la stupeur générale “Mais elle est anglaise…”. Sharleen a accepté de poser comme je lui avais suggéré et tout le monde s’est finalement posté derrière moi pour faire une photo.

Quand j’ai remercié Sharleen pour cette rencontre en lui disant que c’était inspirant de l’entendre parler, elle m’a ri au nez. Alors écoutez ses chansons !

Si vous souhaitez avoir plus de détails sur cette entrevue, je vous conseille de lire l’article de US of Paris.

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1 Commentaire

  • Juste un petit commentaire pour te dire merci.
    Pour l’article, cette envie de partager ce genre de moments, ces petites sources d’inspirations qui ne disent pas leurs noms.

    Là où d’autres se seraient contentés de faire une « critique » de l’album, piste par piste, tu nous parles des gens. Et ça change un peu tout.

    Donc merci à toi.
    Et continue.

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Photographe, consultante web et dénicheuse de talents. Je suis parisienne d’adoption. Je partage ici mon travail, découvertes et inspirations.

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