J’ai l’impression que j’étais au vernissage hier… Depuis maintenant 4 ans, le festival de la jeune photographie européenne est devenu pour moi un rendez-vous incontournable. Il faut dire que photo et jeunes talents, c’était fait pour me plaire. Je suis un peu nostalgique du temps où le festival était au Parc de Bagatelle mais force est de constater que le 104 est plus central, et il fait un peu froid en Janvier/Février pour profiter des jardins de toute façon…

Il vous reste donc 2 jours pour profiter de cette exposition photo qui offre 43 photographes à découvrir. Autant dire que les thèmes sont variés et vous trouverez forcément quelque chose qui vous plaira. J’oubliais de préciser : c’est gratuit !

Deux nouveautés cette année pour le festival :
- une expo pour les enfants. Un condensé de l’expo plus accessible et plus rapide, une bonne façon d’initier vos bambins à la culture. Il y a plusieurs petits jeux intéractifs, dont une carte de l’Europe pour deviner d’où viennent les photographes exposés.
- Circulagram : une riche idée participative, 8 photos sélectionnées, auxquels vous pouvez réagir, à l’image d’un cadavre exquis, en postant ce qu’elle vous inspire sur instagram avec le hashtag du photographe et #Circulagram. L’intéractivité ne s’arrête pas là, puisque vous pouvez dans le “Château d’Eau” du Festival (à l’entrée du 104) regarder les photos réalisées dans les bornes prévues à cet effet, imprimer votre préférée et l’afficher à côté des photos originales. Une super idée !

Dans cette multitude d’univers, plusieurs “thématiques” se dégagent :

Une volonté d’exorciser son passé personnel

Rita Puig Serra et sa série Where Mimosa Bloom où elle marche sur les traces de sa mère disparue Yolanda.

Jenny Rova avec sa série I would also like to be où elle se met en scène sur les photos Facebook de son ex avec sa nouvelle compagne.

Témoigner

Nikola Mikov et sa série The Sea Inside qui retrace l’intérieur de maisons après l’inondation de Varna en Bulgarie suite à une vague géante, avec de courts témoignages de leurs habitants.

L’expérimentation

Juliette Andrea Elie et sa série Fading Landscapes où elle rend visible l’affect par des calques superposés aux photos.

Ulysse et Darcoe avec la série Fleur Viande

Mettre en scène pour servir un propos

Pepe Dita avec sa série Self-Portraits with Men où elle imagine sa vie dans plusieurs familles à la place de la femme.

Pour finir, j’ai beaucoup aimé ce texte de Nathalie Herschdorfer , directrice du musée des Beaux-Arts du Locle en Suisse qui s’interroge sur le rapport de la jeune photographie et de la Street Photo :

Qu’en est-il de la jeune photographie ? A force de parcourir les expositions, les festivals ou les concours réunissant des photographes émergents, il s’avère que la figure du photographe de rue a disparu. L’appareil photo se trouve pourtant dans toutes les poches, photographier est possible sans débourser un centime, et le voyage n’a jamais été aussi accessible. Or les jeunes photographes ne semblent pas si pressés d’arpenter le bitume. Cartier-Bresson a été un modèle pour des générations de photographes, rares sont ceux aujourd’hui qui osent citer son nom en référence, du moins dans les écoles d’art. Les photographes qui débutent leur carrière ne se réunissent plus derrière la bannière de ce qu’on nomme outre-Atlantique la “Street Photography”. La plupart sont affairés dans leur studio. L’instantanéité a fait place à la mise en scène. La rapidité d’action ne caractérise plus vraiment le travail des jeunes photographes qui choisissent d’opérer avec une certaine lenteur. Leurs images ne suivent plus l’intuition spontanée mais sont le résultat d’une construction aussi précise que écriture cinématographique : scène, décor, jeu d’acteurs… tout est méticuleusement organisé et le hasard rejeté. Cet “instant décisif” – cette capacité à capturer l’éphémère, le fugitif – a-t-il été définitivement balayé ? Le passant saisi à son insu a-t-il repris le droit à l’image (cf article 9. du code civil) ? Les photographes sont-ils devenus superflus depuis que chacun (se) photographie en permanence ? Pas si sûr.
Le festival Circulation(s) est une vitrine sur la jeune création et laisse exprimer ses auteurs sans leur imposer un thème. Chez eux, le documentaire flirte avec la fiction, l’image du monde est brouillé par la mise en scène et le paysage réel se confond – ou se fond – dans le décor. Les jeunes photographes témoignent et inventent, expérimentent un genre puis un autre, observent le monde avec ironie ou sérieux, montre le soi-disant vrai et le faux et laissent le lecteur dans le trouble. Récemment encore, il était possible de créer des catégories et les photographes se devaient de choisir un “camp” : reportage, portrait, nature morte, mode, paysage, noir&blanc, couleur etc. Rien n’est aussi sûr avec cette nouvelle génération. Les grands courant de la photographie sont assimilés mais leurs scénarios brouillent les pistes.

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1 Commentaire

  • J’adore ce festival, j’y vais tous les ans et là j’ai failli oublier les dates ! Merci pour ce petit reminder en guise d’amuse bouche !

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QUI JE SUIS


Photographe, consultante web et dénicheuse de talents. Je suis parisienne d’adoption. Je partage ici mon travail, découvertes et inspirations.

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