Marguerite et Julien n’est pas vraiment un film gai, mais c’est un film fort. L’histoire d’un amour impossible, celui d’un frère et d’une sœur, un amour consenti et que tout le monde veut empêcher à tout prix car contre nature. On oublie vite l’inceste pour ne voir que ce sentiment tellement intense qui les habite, et on part avec eux dans cette espèce de course poursuite, à se voir espérer qu’on les laisse vivre enfin tranquilles. L’histoire de Marguerite et Julien, c’est simplement celle de gens différents, avec tout ce que cela implique en terme d’acceptation et de regard des autres.

C’est au Royal Monceau que nous avons eu la chance de voir le film en avant première. La salle était plus que confortable, je n’avais pas vu des sièges aussi grands depuis le Sundance Kabuki Cinema à San Francisco, avec des petits pop corn au caramel, suivie d’une rencontre avec la réalisatrice Valérie Donzelli.

Le sujet peut surprendre mais elle tenait à s’éloigner de sa vie et on lui avait offert le scénario de Jean Gruault, qu’elle a ensuite adapté. Elle voulait traiter de cette histoire vraie, de cet amour impossible. L’histoire prend place dans un passé qui n’existe pas vraiment, avec son lot de traditions qui rappellent une période révolue. A noter que le tournage a été fait dans le château où l’histoire vraie s’est déroulée. On retrouve l’originalité de Donzelli : entre musiques soignées, composée par Yuksek et la musique de fin qui fait écho à un moment clé du film, minuit l’heure espérée et ses plans qui n’appartiennent qu’à elle, des temps de pause avant l’action ou en mode « roman photos ».

J’ai eu plaisir à voir les acteurs Frédéric Pierrot, que j’ai découvert dans les Revenants et Bastien Bouillon, pourtant présent dans tous les films de Donzelli pour qui j’ai eu un vrai coup de coeur à partir du moment où je l’ai vu dans 2 Automnes 3 Hivers. Pendant le film, je n’ai vu que les jolies bottines et bas rouges de Marguerite et cette robe rouge passion. On se pose mille questions : auraient-ils vraiment dû les séparer pendant leur adolescence ? Fallait-il s’obstiner à marier Marguerite ? Comme toute tragédie qu’on aime à retourner dans tous les sens pour en voir les issues possibles.

Le public a parlé de romantisme dans son sens premier du terme, d’autres ont évoqué Jacques Demy et Peau d’âne. Valérie Donzelli nous a d’ailleurs avoué qu’au départ elle souhaitait faire une comédie musicale mais qu’il y aurait eu trop de points communs avec cette oeuvre.

Marguerite et Julien m’ont laissé une forte empreinte qui m’a donné envie d’en savoir plus sur cette légende. Si c’est le cas pour vous aussi, n’hésitez pas à découvrir l’exposition avec costumes et photo au Mk2 Bibliothèque et à visiter le Château des Ravalets.

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Photographe, consultante web et dénicheuse de talents. Je suis parisienne d’adoption. Je partage ici mon travail, découvertes et inspirations.

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