On a eu un peu peur quand on a vu la durée du film (2h42) avant de rentrer dans la salle. Mais dès le début, j’ai trouvé cela assez bien rythmé. On découvre ce père facétieux qui fait fi des conventions tout en faisant son mieux pour faire plaisir aux autres. Finalement, après la mort de son chien, il décide de rendre visite de manière impromptue à sa fille inatteignable, vivant à Bucarest et bien trop absorbée par son travail.

Il découvrira son quotidien teinté de réussite professionnelle, vivant au rythme de ce contrat qu’il faut décrocher et des codes à respecter, le tout dans des valeurs financières marquées (licenciements, marché, pétrole…) S’ensuit des situations d’incompréhension entre ce père fantaisiste et cette fille trop sérieuse.

Pour réussir à l’atteindre et s’assurer qu’elle est vraiment heureuse, il se met dans la peau de ce personnage Toni Erdmann, à la perruque et dentier grotesques qui pourtant lui donnent une certaine assurance. D’abord décontenancée, mais bien obligée de faire bonne figure, la voilà embrigadée dans ce jeu, à le retrouver n’importe où et n’importe quand dans sa vie. Elle lui laissera finalement de plus en plus de place…

Au fil du film, on s’aperçoit qu’elle se bat continuellement pour avoir la promotion dont elle rêve à Shanghai et qu’on lui fait miroiter dans le vent, entre manque de reconnaissance et disponibilité totale pour satisfaire les désirs de ses clients de jours comme de nuit. Le « Es-tu humaine ? » de son père faisant ainsi écho à « Tu es une bête ! » de son patron…

Arrive finalement ce brunch anniversaire où étriquée dans sa robe et ses chaussures, elle décide de ne plus obéir à la dictature de l’apparence, donnant lieu à une naked party par un concours de circonstances. Ce jeu, bien malgré elle, donnera des résultats aussi intéressants que inattendus. Les masques tombent et révèlent les vraies personnalités de ceux qui partagent son quotidien. Cette scène aussi touchante que hilarante restera ma préférée : le comique de situation appuyé par ce père ayant revêtu une tenue traditionnelle bulgare pour éloigner les mauvais esprits et cette assistante touchante n’ayant pas peur de venir nue avec un cadeau peu cher mais au combien attentionné…

Vous l’aurez compris, j’ai été touchée en plein coeur par Toni Erdmann où les relations père-fille sont mises en avant, entre non dits et bienveillance. La conversation de fin m’a d’ailleurs rappelé une conversation que j’ai eu récemment avec mon père. Mais le film va bien au delà, c’est une réflexion sur la vie, les valeurs qu’on souhaite y mettre avec une grande justesse des acteurs, mention spéciale pour la belle Sandra Hüller et sa reprise de Whitney Houston, et d’une grande générosité.

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2 Commentaires

  • Je n’ai vraiment pas la foi pour les films trop longs que je rate systématiquement depuis qu’il fait beau ! Mais tu me donnes quand même très envie de le voir celui-ci !

  • :) C’est vrai qu’on a tendance à profiter du peu de beau temps quand il y a à Paris ;) Il est long mais je l’ai trouvé beaucoup plus rythmé qu’Irréprochable par exemple… Ils se passent beaucoup de choses, peut être pas toutes indispensables, mais ça sert l’histoire à mon sens. Tu me diras ce que tu en auras pensé si tu vas le voir :)

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Photographe, consultante web et dénicheuse de talents. Je suis parisienne d’adoption. Je partage ici mon travail, découvertes et inspirations.

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