Articles de "Humeurs"

Hier, lorsque je parlais de mes projets divers, en boucle, on m’a demandé quel âge j’avais. “Fonce, c’est le moment” m’a-t-on alors répondu. Et soudain, je me suis souvenue du texte que j’avais écrit après ma rencontre avec Alex Beaupain en mai dernier… Le voici.

A 36 ans, j’aimerais être Alex Beaupain.

Pas littéralement bien sûr. Je m’explique.
Alex Beaupain a sorti son premier album à 30 ans. Il a ensuite eu la carrière qu’on lui connaît. Ce premier opus a servi de base pour le film “Les Chansons d’Amour” de Christophe Honoré. L’auteur compositeur a continué à travailler pour le cinéma et vient de sortir, à 36 ans, son troisième album “Pourquoi Battait Mon Coeur”. Autodidacte, ce qui lui importe avant tout, c’est l’émotion qui se dégage de ses chansons.

Espoir.

On a toujours l’impression qu’une carrière artistique doit commencer tôt, qu’il faut avoir été sur la bonne voie tout de suite et que sinon, il est trop tard. La réussite et l’âge est toute relative. Je suis sûre que si vous demandez a Yoann Lemoine ce qu’il pense de sa carrière de réalisateur de clips, il vous répondra qu’il commence juste a s’établir dans le métier.

Toujours insatisfait. Toujours plus loin.
Tout est une question d’ambition et de point de vue.

Alors voila, certains ont réussis à 28 ans, âge où leur idole n’est plu, tandis que d’autres au même âge ont une carrière bien entamée (Julien Doré, Mélanie Laurent, Nathalie Portman…). Heureusement, il y a ceux dont on parle tardivement médiatiquement (Antoine de Maximy). On a toujours l’impression que tout arrive du jour au lendemain. Illusion. Le cheminement est long. Le meilleur conseil qu’on m’a donné est simplement d’être dans la discipline dans laquelle on a envie de percer. Pratiquer avant de vouloir réussir. Tout s’enchaîne naturellement ensuite. Les rencontres etc. Le réel enjeu est de réaliser ce qu’on aime.

Benoît Dorémus s’écrit des lettres pour 2020. Moi je me demande ce que je deviendrais en 2018 et ce que j’aurai accompli. C’est dur de se projeter. J’aimerais que mes envies d’aujourd’hui ne soient plus dans les tiroirs, mais plutôt exposées à la vue de tous. J’ai déjà commencé un projet. J’espère que les autres suivront. Tout le monde vous le dira. Ce n’est pas penser au but final mais aux petites briques qu’on peut poser chaque jour qui importe. Ces petites victoires. Rencontres. Mots échangés. Tout cela nourrit. Tout cela permet de construire. Petit a petit. Les ruisseaux alimentent les grandes rivières et Rome ne s’est pas fait en un jour.

Alors voilà, en 2018 j’aimerais tenir dans les bras un projet rien qu’à moi. Le compte a rebours est lancé.

C’est dur de laisser le temps passer. De se projeter. Parce qu’on est rattrapé par la vie. La peur du lendemain. Des souvenirs. Il faut pourtant avancer. Car si on ne fait rien aujourd’hui demain n’aura pas lieu :)

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C’est en lisant un roman que cette image m’est apparue. En caressant le rêve de devenir moi aussi écrivain, je me suis soudainement rappelé qu’à une époque, j’écrivais des histoires.

J’avais tenté d’écrire deux récits : un sur un jeune homme riche prénommé Jonathan Galway – j’avais cherché un nom qui sonne bien sur la mapmonde de mon bureau – et un autre sur Kelly, une jolie princesse. Cette héroïne m’avait été inspirée par ma professeur de français au collège. Ce n’était pas une matière que j’affectionnais particulièrement, mais la prof me faisait rêver. Elle était rousse avec de très longs cheveux, une peau laiteuse et de grands yeux clairs. C’était une très belle femme et intelligente de surcroît. Je buvais ces paroles et je l’admirais. Je crois que c’est elle qui m’a fait découvrir Le K de Dino Buzzati. Cette nouvelle triste et poétique m’avait marquée. C’est le genre de lecture qui aiguise votre imagination.

A peu prêt à la même période, j’avais trouvé un dessin d’une jeune femme à l’allure similaire, dans une robe blanche, simple, presque transparente, tenant entre ses mains une lumière divine, le tout situé dans une forêt aux couleurs féériques et crépusculaires. Kelly était née : ma princesse aux allures de la prof de français. J’essayais de lui inventer une vie dans un château avec un père sans doute trop dur avec elle. Son coeur voguait vers des envies d’ailleurs, de rejoindre les lutins et autres créatures des bois. Peut être aurais-je aimer réécrire Princess Bride d’une certaine façon.

Je me souviens qu’une fois, lors d’une virée dans l’Ain avec mon père, j’ai vu à travers la vitre de la voiture le paysage tel que je l’imaginais autour du château de Kelly. Il y avait un léger brouillard de quelques centimètres surplombant la végétation. Le reste était clair et dégagé. Il régnait une fraicheur égale à celle de la rosée du matin. Parfois, ce brouillard matinal me manque. Il sera toujours lié aux matins scolaires de mon enfance.

Je ne sais pas ce qu’il est advenu de Kelly et de Jonathan. Je n’ai jamais fini leurs histoires. Je sais juste qu’ensuite, j’ai écris quelques nouvelles fantastiques, un peu à la Quatrième Dimension. J’en étais assez fière. Et puis un beau matin, j’ai arrêté d’écrire. Pour reprendre d’une autre manière, quelques années plus tard. Je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé entre temps.

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Choisir un habit personnel, neutre, ni trop habillé, ni trop décontract’. Se sentir bien dans sa peau. Respirer et y aller.
Il est loin le temps où je me sentais intimidée par une rencontre, où je n’osais pas décroché le téléphone. A l’aise, j’aime rencontrer, parler, écouter. Je crois qu’à cette seule qualité, je dois beaucoup à ma vie d’aujourd’hui.

Il faut être attentif à la demande, se projeter, synthétiser. Une heure c’est finalement court pour décider de ce que sera peut-être notre vie plusieurs mois ou années durant. Il faut savoir défendre ce que l’on veut, expliquer pourquoi le projet nous intéresse. J’aime à dire qu’il n’y a pas de questions pièges. L’interlocuteur en face cherche à nous connaître. Savoir être naturel et sincère. Sinon, comme une relation de couple, l’alchimie ne sera pas au rendez-vous et cela ne fonctionnera pas. Un entretien est à double sens : il faut savoir convaincre, mais aussi questionner l’autre. Avoir le plus d’informations possibles pour être sur que la mission et le cadre nous conviendront.

On ressort de là enrichi, avec un lot d’émotions qui nous suivra jusqu’à la décision finale. De l’angoisse, des étoiles dans les yeux, de la fatigue, des doutes, de la fierté… Chaque entretien est une porte ouverte sur le futur. Un voyage dans le temps accéléré. Sauf qu’à la fin, il n’y aura qu’un choix. Qu’une seule vie.

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Un barbecue manqué face à un évènement éclairant, perturbant. Un mal être s’installant, les doutes et les peurs de plus en plus grands. Des nuits d’angoisses. Des insomnies. Des angoisses le jour. La peur plus forte que tout. Alors s’attacher encore. Vouloir s’accrocher à tort. Rester. Accepter. Essayer de comprendre. Vouloir se battre. Vouloir connaître la vérité à n’importe quel prix. Au prix de sa vie. Ne vivre que pour ça. Tourner à l’obsession. Réitérer ce barbecue manqué. Essayer de vivre normalement. Être rattrapé par la vérité. Ne plus pouvoir respirer. Avoir peur de la seconde d’après. Un manque d’air. Après le vide. Après le néant. Se rattraper à chaque minute. A son téléphone. A ses amis qui luttent. Se raccrocher à la rembarre. Aux lueurs du jour acceptables. Lui parler une dernière fois dans une rue qui n’appartenait qu’à moi. Trouver de l’aide. Rebondir sur ces projets communs, à d’autres mains. Avoir peur, et continuer d’y aller. Penser à soit. Plus qu’à soit. Oublier le reste. Prendre de la distance. Ne pas oublier les gens pour autant. Se reconstruire. Prendre du temps. Avoir des souhaits. Les voir changer. Rencontrer. S’amuser. Espérer. Changer. Grandir. Se retrouver. Une nouvelle vie. Être rattrapé par le temps. Par l’oubli. S’apercevoir que j’ai pris un autre chemin. Évolution. Pas pour autant désillusions. Pensées pour eux. Pensée pour cette route parallèle. L’envie d’écrire. De leur écrire. Attendre un peu. Et projeter ces projets pour un plus tard. Plus d’urgence. Plus d’angoisses. Juste moi et mes envies.

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3 juin, 2011 -

A Elle

Une pensée pour elle.
Parce que sans elle je ne serai rien.
Je n’aurai pas appris l’anglais. Je n’aurai pas écouté tous ces vyniles.
Je n’aurai pas eu cette force et ce caractère bien trempé. Je n’aurai pas eu tous mes défauts.
Je n’aurai pas grandi prématurément.
Parce que sans elle, je n’y croirai sans doute pas autant.

Moindre mots par rapport à l’intensité des années écoulées.
Il y a de ces anniversaires qu’on oublie pas et qui ont fait de nous les gens que nous sommes.

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Lassée des jours moroses et de ma mauvaise humeur qui contribue à tout noircir, je débute la journée, n’attendant rien de bon….

A midi, un déjeuner est prévu avec une fille que je n’ai fait que croiser, il y a quelques années, à travers des connaissances communes… Je suis loin de me douter que ce déjeuner m’apportera lueur et réponses. La vie et les à priori ont fait en sorte de ne pas nous rapprocher avant. Quelques mails et une rencontre hasardeuse à monoprix nous aura finalement poussé à y remédier. La demoiselle a des qualités que j’apprécie : pro-active et friande d’art, je n’ai pas grand chose à y perdre.
Après quelques banalités échangées, on s’est attaquée a nos vies privées. C’est toujours là que cela devient intéressant : les barrières tombent et on voit l’autre tel qu’il l’est réellement. Ses propos sont égaux aux souvenirs que j’avais de ses textes, émouvants, et pas si lointain de moi. Écho, force, inspiration et réflexion. Me voilà reboostée, ayant même l’envie de résoudre quelques vieux fantômes, ce que je ferai plus tard dans la journée.

Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, je rentre au bureau et je tombe sur un mail d’invitation à une émission radio pour le soir même. Etant du genre à dire oui et tenter de nouvelles expériences, comme Chris dans Skins (saison 2), j’accepte la proposition malgré un trac fou. Ma dernière émission en direct remonte à 2007. A l’époque, une radio étudiante m’avait contactée à la suite d’une écoute en avant première du troisième album de Mélissa Mars et ils voulaient mon témoignage. J’étais très intimée par le direct mais Mélissa, également présente, m’avait mise à l’aise. Les autres animateurs n’étaient pas trop sur sa planète, alors elle avait trouvée en moi une alliée et s’était empressée de me donner la parole. J’avais bredouillée mes deux questions, et tout s’était bien passé.
Je me souviens encore de l’excitation et du trac que j’avais ressenti en y allant et ce vent de folie au retour. C’était grisant.

Aujourd’hui je fonce vers la Maison de la Radio avec ce même trac. A la sortie du métro, je tombe nez a nez avec la Seine, les faux buildings New Yorkais, la Tour Eiffel et sa statue de la liberté. Quand j’habitais à Lyon, lors de mes nombreuses venues sur Paris, un ami m’emmenait toujours dans ce coin là. Il y avait un vent frais qui soufflait le bonheur d’être dans la capitale et de voir la Tour Eiffel briller aux heures pleines. J’adorais cela.
Aujourd’hui, je marche dans ces mêmes rues, mais la situation est différente : j’habite Paris et je m’apprête à passer dans une émission de radio.

Les choses changent, évoluent et c’est parfois pour le mieux. En repensant à cette journée, l’horoscope, disant que tout allait me sourire, n’était pas si faux…

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Le carnet d’une amie. L’ouvrir. Écrire des pages. Beaucoup de pages. Raconter tout ce qui me passe par la tête. Sans savoir que plus tard, j’écrirai des lettres avec la même envie. A cet inconnu qui voudra partager ma vie. Qui voudra la connaitre. Alors, on rira. On s’écrira une lettre, puis deux. On rigolera. Encore. Les jours passent. Et les liens se tissent de confidences en confidences. Le jeu laisse place au sentiments amoureux. C’est toujours l’un des deux. Il passe sa main dans mes cheveux. Je doute. J’apprends à le regarder autrement. Cède à son romantisme de tous les instants. On passe du temps ensemble. L’instant présent. Pas de peur, juste de douces premières fois. Je le suis dans ses folies. J’aime ses petits mots. Le train crée le manque. Et soudainement, un autre est venu m’arracher à ses bras. Une perte. La douleur. Le vide. Le renouveau.

Il faut qu’une fin arrive pour qu’un après soit possible. Pour sourire à d’autres messages. Pour sentir le vent sur mon visage. Pour passer à l’heure d’été. Pour s’éloigner du raisonnable. Marcher dans la rue sans compter les kilomètres. Pour reparcourir les endroits où on a été. Pour quadriller Paris de mes souvenirs. Pour les oublier. Pour s’enivrer dans un nouveau temps. Pour sentir 2005 du bout des doigts et se rappeler de mes folies de 2003. Pour ces instants magiques vécus sans toi. Pour cette vie qui prend le pas. Pour préférer le taxi au métro. Pour penser à ces nuits de malibu coca avec lui. Pour embrasser sous la neige. Pour sourire à son talent. Pour voir fleurir de nouveaux sentiments. Pour sentir sa main contre la mienne. Pour qu’il m’ouvre sa porte. Pour sentir ses yeux sur moi. Pour parier une glace ou deux. Pour laisser l’imprévu me surprendre. Pour avoir envie de fumer sur les toits. Pour regarder la nuit avec envie. Pour être encore avec lui… et mes amis.

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L’après. Le vide. L’angoisse est montée. Tes bras l’ont apaisée. Je me suis calmée. J’ai pleuré. J’ai téléphoné. J’ai accepté de ressentir. J’ai dormi. J’ai accueilli le lundi à bras ouverts. Je me suis laissée passer avant une proposition de folie. J’ai trouvé ma place. On m’a appelé par mon prénom. J’ai mangé. Je ne me suis pas réfugiée dans le virtuel. Je n’ai pas fui. J’ai affronté. Laisser place à la « vraie vie ». J’ai entendu des chanteurs mexicains. J’ai déjeuné. La gorge serrée a laissé passer un moelleux au chocolat. Et la peur d’une soirée à éviter s’est transformée en bonnes surprises. J’ai appris à connaitre le quotidien d’un artiste et je me suis retrouvée dans le cercle de la fille au rouge à lèvres vif. J’ai entendu la chanson d’avant mon déménagement, 4 ans auparavant. Je me suis souvenue et j’ai souri. J’ai été là où je devais être. J’ai retrouvé le passé encore une fois. Arrosé de champagne. J’ai rattrapé les rendez-vous manqués. J’ai ri. J’ai été entourée. J’ai été moi. MOI. On s’est lancé des défis. On les a relevé le lendemain. La confiance a pointé le bout de son nez. Les cris ont jailli, l’indifférence est apparue. Les propositions ont été faites. Les textos ont fleuri. L’étonnement est parti. Le temps a pris sa place. Celle où il n’est pas irrépressible parce que tout s’arrête demain. Du temps, tout simplement. Sans penser à demain. A l’après. Au vide. J’ai laissé naître l’envie. Je l’ai assumé. J’y suis allé et plus rien n’était écrit. J’ai eu tous les droits. J’ai discuté. J’ai écouté. La musique m’a emporté. La peur du vide s’en est allée. Les règles se sont envolées. Que des envies. Du temps. De la confiance et l’instant présent… Comme avant.

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19 mar, 2011 -

Jamais

Je t’ai dit que c’était fini. J’étais en colère. Et toi, tu n’as pas dit grand chose. Comme toujours.

Pourtant, ce jour là, je n’en savais pas la moitié. Je ne savais pas ce que tu avais fait ce soir de juillet. Ton silence constant, tes secrets sous jasent m’avaient déjà usée et tu ne faisais rien pour me rassurer. Non, car tu n’assumais pas ce que tu ressentais et seul sauver les apparences t’importaient. Ce jour là, je ne savais pas mais, j’ai explosé et enfin dit « c’est fini ».

J’ai raccroché le téléphone, fière, en me dirigeant à la fenêtre, voir ces toits gris, voir ce Paris qui me donne du courage. Puis, la nuit a fait son lit et les espoirs m’ont rattrapée : « il ne peut pas me laisser partir comme ca, il viendra frapper à ma porte pour se faire pardonner. Il viendra. »

Mais, il n’est jamais venu. Et personne ne pourra réparer ou endosser les erreurs qu’il a fait.

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Pas de réponse. L’angoisse prend le dessus. Le poids des minutes se fait sentir. Suspendu. Dans l’attente. On se refuse à faire quoique ce soit. Faire, çà serait trahir les espérances. Rongé. Les idées noires prennent place. Fondées ou ahuries, elles hantent. Oppression. Souffle coupé. L’ insomnie pointe le bout de son nez. Il faudra une diversion pour s’extraire, pour revenir à la réalité, pour retrouver paix et légèreté. Finalement ce n’est plus la réponse qui importe, mais notre sentiment de bien être. L’impatience est repoussée et notre esprit calmé.

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QUI JE SUIS


Photographe, consultante web et dénicheuse de talents. Je suis parisienne d’adoption. Je partage ici mon travail, découvertes et inspirations.

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