Articles de "Humeurs"

Julien Doré en parle sans ses chansons et Frédéric Beigbeder dans ses livres : « Il sort souvent seul. Les mondains sont des êtres solitaires perdus dans une abondance de connaissances floues. Ils se rassurent à coups de poignées de mains. Chaque nouvelle bise est un trophée. Ils se donnent une illusion d’importance en saluant des gens célèbres, alors qu’eux-même ne fichent rien de leurs dix doigts. » (extrait de « L’amour dure trois ans »). Voilà un soir de plus où je ferai ma Rémi (en référence à « Rémi sans famille »). Il faut dire que j’avais prévu d’y aller avec quelqu’un, qui a annulé au dernier moment. Comme souvent. Alors je propose à d’autres : les uns sont pris, d’autres pas intéressés… A croire que ma compagnie ne suffit pas toujours. Comme je n’aime pas courir après les gens, je renonce parfois à la soirée, ou je finis par y aller seule. C’est donc le cas ce soir. Les macarons et le champagne ne suffisent pas à me consoler mais je fais quelques bises et rencontre des gens dont j’admire le travail. C’est agréable de pouvoir parler avec eux et de mettre des visages sur des noms.

On est tous là pour en savoir plus sur le nouvel album d’Elodie Frégé. Le moment de la découverte arrive et l’émotion me submerge. C’est souvent à ce moment précis que je me dis que j’ai bien fait de venir. Je suis touchée par ses explications de textes, son naturel et sa simplicité. J’admire les artistes, d’abord pour l’émotion qu’ils nous apportent, car elles nous accompagnent et nous grandissent, mais aussi pour le courage qu’ils ont d’exprimer ce qu’ils ressentent au fond d’eux, sans pudeur aucune. J’écoute avec attention ses textes torturés qui appuient toujours sur la corde sensible avec de jolies mélodies. Elle évoque deux films qui ont pu l’inspirer : « Belle de Jour » (que je viens d’acquérir !) et « Cléo de 5 à 7« . Elle parle aussi de sa volonté d’écrire uniquement dans les moments où le besoin s’en ressent et de ne pas se forcer à écrire. Chose que je peux très bien comprendre… On y est. Je réalise soudain que j’aime les artistes pour leurs œuvres, les discussions autour de leur processus de création et les aider à se faire connaître… mais au fond, ce qui me pousse à tout cela c’est que j’aimerai être comme eux : pouvoir m’exprimer par la photo, le collage ou l’écriture… Franchir le pas. J’y travaille mais encore trop timidement. Les pensées s’envolent et je reviens à la réalité. J’ai alors envie d’écouter le nouvel album d’Elodie Frégé en entier, et éventuellement d’organiser quelque chose autour de sa sortie… Je songe à rentrer chez moi et je n’ai qu’une envie : que quelqu’un m’y attende. On aspire tous à la même chose finalement, non ? ce besoin d’être aimé…

Artwork réalisé il y a longtemps sur la chanson « Je te dis non » d’Elodie Frégé. Elle m’avoua d’ailleurs que c’est à partir de cette chanson qu’elle a pu faire ce qu’elle voulait.

Rendez-vous sur Hellocoton !
12 août, 2010 -

Evolution

Quand on a pas le moral, on a tendance à oublier la multitude de surprises que peut nous offrir la vie. Pourtant, comme dirait Antoine de Maximy, “Quand rien est prévu, tout est possible“.

Ce soir-là, je devais voir un photographe pour qu’il m’explique certaines astuces du métier. Mais il eut un empêchement et annula notre rencontre. Dommage… mais pas si grave en soit puisque j’avais un plan B : des copines allaient boire un verre.
On est parfois tellement occupé à organiser et boucler notre emploi du temps qu’on oublie que les plans de dernières minutes sont possibles.

Je partais donc faire une course dans l’idée de rejoindre mes copines ensuite, quand un mec m’accosta et me coupa dans mon élan. Il avait pas franchement la tête à faire la manche. C’est triste à dire mais si, parfois, l’habit fait le moine. Je m’attendais donc à ce qu’il me demande mon numéro de téléphone, car il faut reconnaitre qu’en tant que fille on nous laisse pas toujours tranquille dans la rue.
La moue boudeuse, je lui laissa la chance de s’exprimer :
“Bonjour. On cherche des modèles pour faire des coupes gratuites.
_ Ah oui ? Mais pas maintenant !
_  Ben si… C’est maintenant justement.”
Petit moment de doute.
“Et après tout pourquoi pas ? Ce n’est pas une proposition qu’on peut avoir tous les jours”, pensais-je. Il me fit entrer et m’invita à regarder le catalogue des coiffures qu’il proposait. Pour lui la moitié du chemin était déjà faite : j’avais accepté de rentrer dans le salon. On parla de mes cheveux et très vite on se mit d’accord sur ce qu’il allait me faire. Un petit texto aux copines et c’était parti.

Dans l’arrière salle, en même temps qu’il s’occupait de moi, il discutait avec une camarade, tandis que d’autres potassaient leurs cours. Un autre univers s’ouvrait à moi, comme une bouffée d’air frais. Palper la vie des autres de prêt et leur quotidien. Se demander comment ils étaient arrivés là et pourquoi le rendez-vous avec son ex était si important pour lui. Mon esprit vagabondait et me renvoyait à mon époque étudiante. Pourtant l’herbe a l’air toujours plus verte chez les autres. L’espace de quelques coups de ciseaux, je me souvenais à quel point il était bon de se laisser guider par l’imprévu parfois. Je repartis avec une nouvelle tête, le sourire aux lèvres. Quelques mètres plus loin deux autres personnes m’interpellèrent. L’une en me disant : “Mademoiselle avez vous..
_ Non, désolée.
_  Putain ! Ces connards répondent “désolé” avant même qu’on ait pu poser la question.”
Tandis que l’autre tenta de capter mon attention : “Chériiiiie” , en vain.
Alors oui pas étonnant qu’en étant accosté, et limite insulté, toutes les deux minutes on ne soit pas très réceptif aux propositions qu’on peut nous faire. Pourtant il suffit parfois d’un sourire et de s’ouvrir un peu pour obtenir un échange qui peut éclairer un instant de notre morne journée.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Quand on fait un métier comme le mien, on a pas le droit de se plaindre.
Bien sûr, il y a des jours sans. Dans ces cas là, on peste et on attend les jours meilleurs.
Quand ceux-ci arrivent, on sait pourquoi on a fait ces choix et on est heureux.
Mais 24 heures dans une journée, c’est trop court. Il y a le ménage à faire, les courses, le boulot, les soldes, encore le boulot, les photos, trier les photos, envoyer les photos, le boulot, aller à lyon, voir les amis, aller à des concerts, boulot, boulot, écrire un post pour le blog, trier des photos, aller à mon cours, boulot et encore boulot, sortir un peu beaucoup, dormir, faire des listes continuellement dans son esprit, envoyer des milliards de mails, aller chez le médecin, prendre des rendez-vous divers, bosser et se reposer en s’écroulant devant la télé ou devant ses séries préférées…
Alors on se dit qu’on devrait ralentir, mais on ne sait pas trop comment, ni quoi sacrifier… Les bouquins pour simplifier la vie sont bien jolis mais faut-il encore avoir le temps de les lire et les appliquer !
Alors quand on se voit proposer quelques jours de vacances en Espagne. On y court et le temps de quelques jours, on met tout sur pause. On ne pense plus qu’au présent, à comprendre la langue, manger les spécialités de la région, se reposer, s’ennuyer et profiter.
Le retour est toujours un peu difficile, entre bonnes résolutions et rythme d’avant. Envie de profiter encore quelques jours de cette bonne énergie, avant d’être repris dans le tourbillon.
Un peu de patience, me revoilà.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Connaissez vous L’inconnu du métro ? Ce blog relate les rencontres que l’auteur fait dans le métro. Elle est partie du principe que tout le monde se demande qui est l’inconnu d’en face, sans jamais oser l’aborder. Elle a décidé de savoir et nous le faire partager. Je suis fan du concept !
Il faut dire qu’au milieu de nos twitt endiablés et autres échanges virtuels, il y a ces gens qu’on croise quotidiennement sans qu’il ne laisse empreinte dans notre esprit. Pourtant l’espace de quelques minutes on les aura regardé attentivement, on se sera demandé… Les jours passent, se ressemblent et sont pourtant bien uniques. Voici les quelques échanges que j’ai pu retenir de la journée d’hier :

• L’homme qui a crié tellement fort sur sa fille que toute la rame de métro s’est retourné. Elle pleurait fort et disait « c’est pas ici ». Elle était là debout avec sa robe et ses lunettes roses immobile. Et lui continuait à crier. Ils sont descendus. Et on a vu le métro s’éloigner et eux rester sur le quai… J’étais triste de voir une enfant traitée comme ca, mais qu’est ce que j’aurai pu faire ?

• Une femme a fait tomber un magazine devant moi dans la rue. J’ai couru, je l’ai ramassé et je lui ai rendu. Elle m’a regardé surprise « Oh merci mademoiselle, c’est gentil ». « De rien. Bonne journée » lui ai-je répondu avant de me retourner et me dépêcher pour rejoindre mon rendez vous. Finalement, c’est tellement plus simple quand on agit spontanément et qu’on ne se pose pas de questions. On a souvent de bonnes surprises.

• Il est 20h et je suis à la caisse du supermarché. Je dis bonjour. « Oui bonjour ou bonsoir comme vous voulez ». Ca déclenche toujours une réaction. – oui oui je ne dis jamais bonsoir mais on ne va pas rentrer dans ces considérations, ca serait un débat stérile – Finalement le caissier échange quelques mots avec les jeunes derrière moi qui achètent des bières pour regarder le match de foot. « Vous avez entendu ce qu’il a dit ? » « Non » « Bon tant mieux alors c’est trop horrible ». Je ne saurai jamais, mais ca m’a fait sourire…

C’est fou toutes ces micro secondes qui passent, ces milliards de pensées qui nous traversent. Et qui s’envolent dans le néant… Et après tout ca, vous croyez encore que les parisiens ne sourient pas dans la rue ?

Rendez-vous sur Hellocoton !

Ce week end c’était presque le printemps. Des envies de prendre le soleil et arborer des vêtements un peu plus légers. Alors quand j’ai vu cette petite jupe fleurie, j’ai craqué.
Mais oh drame, il n’y avait pas ma taille au magasin. Je m’empresse de demander à la vendeuse où je pouvais la trouver. Un coup d’oeil sur le PC et un coup de fil plus tard, renseignement donné.
Et là je m’exclame :
« J’aime bien votre coiffure
_ Ah bon ? Merci ! Pourtant là je suis pas très bien coiffée…
_ Non mais en ce moment je fais attention aux coupes, j’ai envie d’aller chez le coiffeur, mais j’hésite.
_ Ah oui, on a toujours peur qu’il nous coupe trop
_ ou pas assez…
_ Et de payer 40 euros pour rien
_ Exactement
_ En tout cas merci beaucoup… »
Quelques petits mots échangés, une bonne humeur retrouvée. J’aime bien ce genre de moments inattendus. Probablement autant pour moi que pour la vendeuse. Je pensais pas qu’une complicité féminine pouvait s’échanger comme cela en quelques phrases. Ça fait plaisir, et je suis sure que j’ai contribué un peu à illuminer sa journée.

crédit photo : RnoBox

Rendez-vous sur Hellocoton !
7 avr, 2010 -

Osons

Dans notre société, on n’ose pas… Peur du regard des autres, les tabous nous envahissent. Ainsi on passe à côté d’une rencontre quand on n’ose pas demander un numéro de téléphone. On remet au lendemain quelque chose qu’il nous tenait à coeur de dévoiler. Les regrets passent avant les remords,  alors qu’on devrait vivre l’instant parce que c’est peut-être le dernier. Mais cette pensée revient un peu à écrire son testament : cela veut dire qu’on va mourir un jour et cela, non, non, on ne veut pas y penser… Sauf que, cela n’arrive pas qu’aux autres. Un jour, on laissera nos proches sans les informer de nos dernières volontés.
Avec leurs coeurs ils parleront et feront au mieux, j’en suis sûre. A ma façon j’aimerai quitter ce monde en leur laissant un dernier message. Comme une aide dans cette épreuve. Deux chansons :
Dream Theater : The spirit carries on
Pascal Sangla : Si elle a un problème

Rendez-vous sur Hellocoton !

Les toits bleus j’ai regardé
Il est dur de se remémorer
Hier est bien loin dans le passé
L’ennui s’est transformé
La vie a basculé
L’inaccessible est devenu réalité
Je me souviens de ces amitiés
de ces moments superposés
la force en moi s’est révêlée
par l’inconnu que tu étais

Rendez-vous sur Hellocoton !

Le mois dernier j’ai eu 28 ans. Un mois qui est passé bien vite. Mes 18 ans me paraissent bien loin aussi. 10 ans dans lesquels j’ai eu mon premier amour, mon premier chagrin d’amour, mes premières larmes pour des raisons plus sérieuses, mon premier appartement, mon premier job, mon permis, un grand saut à Paris. Des doutes, des joies et pleins de désirs exhaucés. Qu’aurais-je accompli à 38 ans ? C’est aujourd’hui que j’écris le futur, brique par brique et il est dur se s’y projeter. Mais c’est le jeu, sans quoi la vie ne serait pas aussi précieuse. En attendant, j’ai passé une bonne journée, entourée de mes amis et d’un magnifique gâteau fait en mon honneur.
Aujourd’hui, c’est le tour de Jouly de souffler ses bougies… Bonne journée à elle !

Rendez-vous sur Hellocoton !

A lyon, je n’habitais pas le centre ville. Mais il arrivait parfois que j’y dorme, chez des amis. Au lendemain de soirées, je me levais au petit matin pour rentrer chez moi, finir ma journée tranquillement. No stress, no contraintes. Une sensation particulière m’emparait toujours quand je découvrais la ville fraichement levée : les passants au compte-goutte, la luminosité particulière… Le bonheur de redécouvrir les rues, qui étaient sombres la vieille.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Ce matin je suis passée devant une église.  Les gerbes de fleurs étaient déposées en haut des escaliers. Les corbillards étaient garés.  Un enterrement surement…
Et puis à quelques mètres de là, un groupe de policiers… Et un attroupement de photographes qui attendaient.
Est ce une célébrité qui est décédée…?

N’a-t-on aucun respect pour ces gens qui ont perdu cet être cher. Ne pouvons nous simplement pas nous incliner et respecter leur temps de deuil ?

Je repense à ces photos vues dans Paris Match pour illustrer l’enterrement de Jacques Martin.  C’est donc au prix du non respect et du vol de leur intimité qu’elles ont pu être livrées. On aurait pu s’en passer…
Sauf que nous vivons dans un monde d’images, de calomnies, et où à l’image de Saint Thomas, les gens ont besoin d’être rassurés.

Rendez-vous sur Hellocoton !
Pages :«12345678910...21»

QUI JE SUIS


Photographe, consultante web et dénicheuse de talents. Je suis parisienne d’adoption. Je partage ici mon travail, découvertes et inspirations.

>> En savoir plus

Archives

CE QUE J’ECOUTE