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« Blonde« . Tel est le titre du nouvel album que Coeur de Pirate nous présentait lundi soir au Silencio, le club crée par David Lynch. Blonde, comme la couleur de ses cheveux retrouvée, comme un retour au source, comme à ses débuts. Quel qu’en soit la raison, le lieu était tout trouvé puisque tout est doré et noir comme sur la pochette de son opus à paraître le 14 novembre.

Exit Coeur de Pirate cachée derrière un grand piano, elle assume son rôle de chanteuse, un synthé à portée de main, grâce à ses musiciens. Nul doute que les collaborations qu’elle a fait entre les deux albums l’ont marquée. Je retrouve le côté nostalgique que j’aimais tant dans Armistice. D’ailleurs Jay Malinowski, qui formait avec elle ce duo, l’accompagne sur un titre de l’album : Loin d’ici, et en français, s’il vous plait ! L’opus commence par le titre Lève Les Voiles, qui est une chorale. Je n’ai pas pu m’empêcher d’y voir un rapport « biblique » avec sa reprise de Voilà Les Anges pour Nouvelle Vague.

Même si Coeur de Pirate parle beaucoup de ses amours malmenés, certaines chansons donnent une furieuse envie de danser. Elle a d’ailleurs essayé de nous faire bouger, bras dessus, bras dessous avec nos camarades de concert. La canadienne nous a livré quelques ballades aux arrangements plus épurés, comme Cap-Diamant et la très attendu Place de la République, entendue lors de nombreux concerts, notamment en première partie de Julien Doré à l’Olympia pour ma part. C’est une de mes chansons préférées, alors j’étais en apnée quand elle l’a interprété devant nous. J’ai adoré les arrangements qui lui ont été donné. Les percussions et le violon renforcent cette histoire qui l’a rendu bien triste, un soir Place de la République – oui je connais les paroles par coeur.

J’aime tout l’album avec quelques préférences notamment pour Verseau et Saint Laurent. On la sent d’ailleurs beaucoup partagée entre ces ailleurs et son Montréal natal. La palme revient tout de même à Golden Baby, un vrai hit en puissance, au synthé année 80s. Un vrai coup de coeur.

Une excellente soirée donc dans un endroit qui valait le coup d’oeil. Je ne suis pas prête d’oublier les interminables marches noires menant au Silencio, ainsi que les différentes salles au plafond bas, aux multiples recoins. Un parfait décor pour un film Lynchéen. Magique.

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Si le nom de Jacno ne vous dit rien, c’est le moment de vous rafraichir la mémoire. C’est lui qui a composé avec sa compagne de toujours, Elli Medeiros, le célèbre Amoureux Solitaires de Lio. C’est aussi à lui qu’on doit la musique entêtante, Rectangle, en fond des pubs Nesquick des années 80s avec le regretté Grosquick.

Je me suis rappelée de lui l’année dernière quand j’ai écouté la reprise de Anne Cherchait l’Amour par Julien Doré sur le cd « Couleurs sur Paris » de Nouvelle Vague. L’originale était pleine de synthé, reflet des années 80s et de la tendance qui plane aujourd’hui dans la nouvelle scène française. En résumé, tout ce que j’adore. Peu de temps après, j’apprenais qu’un CD hommage allait sortir « Jacno Future« , j’avais hâte de le découvrir !

A l’occasion de la sortie de l’album, Jean Charles de Castelbajac nous a invité dans son showroom pour nous parler de son grand ami Jacno. JC de Castelbajac s’est impliqué fortement dans le projet, notamment en créant la pochette du disque, une peinture réalisée à partir d’une photo. L’émotion était au rendez-vous. C’est toujours touchant d’entendre quelqu’un nous raconter une personne qu’il a connu. C’est comme si elle prenait vie sous nos yeux, cela prend une autre dimension. J’ai été profondément touchée. Il nous a conté la première fois qu’il a vu Jacno à la télé, et comment il s’est retrouvé à élaborer un costume pour son passage avec Elli à l’Olympia. Le créateur avait choisi un costume rouge, avec une partie argenté pour donner un côté rétro futuriste, directement inspiré de Flash Gordon. A l’époque, la mode était beaucoup trop dans le glamour et JC de Castelbajac était intéressé par l’idée du trouble présente dans la musique, c’est pourquoi il aimait faire des ponts entre cet univers et son travail. C’était une génération qui avait besoin de se mettre en danger pour créer. Denis, comme il l’aime à l’appeler, était situé entre ce processus de création et son éducation traditionnelle, toujours entre les deux, se cachant derrière des pseudos.

Après ce portrait de Jacno, Calypso, sa fille, et Jean Christophe Thiéfine, directeur artistique, sont venus nous présenter le projet. La mort du chanteur en 2009 n’a pas fait assez de bruit aux goûts de ses proches et ils voulaient lui rendre hommage. Des artistes ayant déjà travaillé avec Jacno, ou dans sa lignée, ont été approchés pour participer à ce disque, sans appel d’offres délibéré afin d’éviter les frustrations. Toutes les personnes contactées ont répondues et avaient totale liberté dans leur choix et arrangements. Le duo Home, constitué de Benjamin Biolay et Chiara Mastroianni, s’est reformé pour l’occasion, leur donnant même l’envie de continuer à collaborer. Dominique A a tout réalisé, seul, dans son studio, livrant ainsi une des meilleures reprises de l’album. Alex Beaupain a repris Tes Grands Yeux Bleus en le mettant à la sauce 80s tel que Jacno l’aurait conçu à ses débuts. Calypso, quant à elle, a prêté sa voix sur Amoureux Solitaires suite à la proposition d’Etienne Daho. Ce rôle n’était pas facile mais pensant que son père aurait adoré, elle a même accepté d’apparaître dans le clip.

Autant d’anecdotes permettant de découvrir les coulisses du projet et de cerner un peu plus le grand compositeur qu’était Jacno. JC de Castelbajac nous a reçu chaleureusement et avec simplicité. Je suis repartie émue, avec l’intime conviction que l’oeuvre de Jacno perdurera encore longtemps notamment grâce à ce disque revisité aux couleurs d’aujourd’hui.

Sachez qu’une édition spéciale fnac existe avec un ou deux morceaux exclusifs et un livret contenant des interviews des artistes.

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J’aime la voix de Coeur de Pirate, que cela soit seule, en duo avec Julien Doré ou avec Nouvelle Vague. Même si j’ai écouté Place de la République en boucle, seul morceau qui ne figure pas sur son premier album, je commençais à sentir les limites de ce premier opus bien trop joué et exploité. Je me demandais comment la chanteuse allait rebondir et quelles allaient être ses nouvelles compositions. Je ne me suis finalement pas posée la question longtemps puisque la réponse m’est tombé dessus un matin avec une invitation à découvrir le nouveau projet musical de Béatrice Martin et Jay Malinowski, chanteur du groupe canadien Bedouin Soundclash : Armistice. Ce nom résonne comme une trêve entre deux carrières ou comme une allusion à ce qui se passe dans un couple : « Des fois, c’est difficile de revenir en arrière et de laisser tomber certaines choses » confie Béatrice.

La complicité entre les deux protagonistes est palpable que cela soit à l’écran ou lors de leur showcase à Paris chez Carmen. Un endroit magnifique et hors du temps comme seul Paris peut nous offrir dans ses recoins cachés, réservés aux connaisseurs.

Leur musique a un goût de voyage, de complicité et d’histoires d’amour. J’aime leurs rythmes un peu country qui nous embarquent dans un univers cinématographique. A nous d’en poser les images et d’inventer notre propre film. Je les ai vu jouer il y a quelques semaines et c’est pourtant maintenant que j’ai envie de les écouter en boucle…
Si la session du hiboo propose de les voir jouer en pull casual dans les rues de Paris, j’aime la version habillée et mise en scène de leur clip.

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Depuis quelques années déjà, j’entends parler de Nouvelle Vague sans connaitre réellement. La sortie du nouvel album le 8 novembre me donne l’occasion de réparer cette lacune.

Nouvelle vague est le projet d’Olivier Libaux et de Marc Collin. Le principe : reprendre les titres de la New Wave (vous avez compris le jeu de mot sur le nom du groupe maintenant ?) et les mettre a la sauce Bossa Nova.

Pour ce nouvel album « Couleurs sur Paris », ils reprennent des vieux tubes français oubliés, ou presque, des années 80, le tout interprété par notre nouvelle scène française.

C’est avec plaisir que j’ai pu découvrir des titres de ces années là que je ne connaissais pas, et il faut avouer que ces reprises leur donnent un sacre coup de neuf ! Et comme en plus on y retrouve mes chouchous, le plaisir est d’autant plus grand.

Les titres initialement chantés par des hommes sont chantés par des femmes et vice versa. Une bonne initiative.

Les surprises

• Entendre Coeur de Pirate sur autre chose que du piano. On est pas habitué mais il faut dire qu’avec sa voix enfantine, chanter « Voila Les Anges » ça ne pouvait être que pour elle !

« Amoureux Solitaires » en douceur sans les synthé avec l’accent cute à souhait de Hugh Coltman, c’est un sacré changement et c’est réussi !

• La participation de Soko. Certains d’entre vous ne la connaisse pas, mais elle avait fait sensation sur la scène parisienne, promise à un bel avenir, elle avait disparu du jour au lendemain. Elle chante « Dandy Dandy » toujours avec un air de cow boy.

Les coups de cœur

« Anne Cherchait l’Amour » par Julien Doré. (initialement chanté par Jacno, riche découverte d’ailleurs). Parce que Julien peut chanter n’importe quoi, c’est toujours magnifique.

• « Week end a Rome » par Vanessa Paradis. C’est là que je me suis dit que quand même, elle a des purs talents d’interprétation.

« 2 People In A Room » avec Cocoon, leur douceur et leur côte folk. Sans conteste l’une de mes préférées de l’album !

Les classiques sans surprises

• « Marcia Baila » par Adrienne Pauly et « Mala Vida » par Olivia Ruiz. Les deux morceaux leur collent à la peau.

• A noter les titres par Emily Loizeau, Mareva Galanter et Coralie Clément qui s’accordent à merveille.

La déception

• « L’aventurier » par Helena Noguerra et Louis Ronan Choisy. Je déteste cette interprétation, c’est le seul titre raté de l’album pour moi.

Du sexe ! ( ben oui il faut vendre)

• « Ophélie » par Yelle. Yelle s’en sort bien. Après j’avoue que les paroles me dérangent un peu. La zoophilie c’est pas mon truc.

• « Déréglée » par l’espiègle Mélanie Pain.

• « Putain Putain » par la voix oscillante de Camille.

Il faut reconnaitre que cet album a été bien travaillé et les attributions et choix des chansons judicieusement fait. Un très bon album pour tous les amateurs de musique française. Un beau cadeau de Noël en perspective. Je dis ça. Je dis rien.

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Photographe, consultante web et dénicheuse de talents. Je suis parisienne d’adoption. Je partage ici mon travail, découvertes et inspirations.

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