La mobilité est aujourd’hui l’un des leviers les plus concrets pour ancrer une politique environnementale d’entreprise dans la réalité du quotidien. Alors que les enjeux climatiques s’intensifient et que les réglementations évoluent, intégrer la mobilité durable dans une démarche RSE globale n’est plus une option, mais une priorité stratégique pour toute organisation soucieuse de son empreinte carbone.
Points clés
- La réalisation d’un bilan carbone incluant les déplacements est indispensable pour mesurer l’impact environnemental de l’entreprise et fixer des objectifs de réduction pertinents.
- La sensibilisation des collaborateurs aux enjeux climatiques est un préalable nécessaire pour garantir leur adhésion durable aux nouvelles pratiques de mobilité.
- L’adoption du forfait mobilités durables permet aux entreprises de soutenir financièrement les salariés privilégiant des modes de transport alternatifs à la voiture thermique.
- L’aménagement de l’environnement de travail, avec des infrastructures pour les vélos ou le covoiturage, facilite concrètement l’adoption de mobilités douces.
- L’intégration de la mobilité dans le système de management global et le respect de normes comme l’ISO assurent une amélioration continue de la performance environnementale.
- Le suivi d’indicateurs de mobilité dans le rapport annuel permet de piloter la stratégie RSE et de communiquer de manière transparente sur les résultats obtenus.
Évaluer l’impact des déplacements pour fixer des objectifs de mobilité
Analyser les émissions de gaz à effet de serre liées aux trajets
Avant de définir une stratégie de mobilité durable, toute entreprise doit commencer par mesurer précisément l’impact de ses déplacements. Les trajets domicile-travail représentent à eux seuls 15 % des émissions de gaz à effet de serre liées au transport en France, et près de 74 % des travailleurs utilisent encore la voiture pour se rendre au travail. Ces chiffres illustrent l’ampleur du défi, mais aussi le potentiel de réduction que recèle une politique de déplacements professionnels repensée. Réaliser un bilan carbone incluant l’analyse des mobilités est ainsi le point de départ incontournable : cela permet de quantifier les émissions, d’identifier les postes les plus émetteurs et de fixer des objectifs mesurables alignés avec la stratégie RSE de l’entreprise.
L’analyse du cycle de vie des déplacements (de l’origine à la destination, en passant par le mode de transport utilisé) offre une vision complète des impacts environnementaux. Cette approche structurée permet de prioriser les actions les plus efficaces, qu’il s’agisse de réduire la fréquence des déplacements, de les substituer par du télétravail ou d’encourager des modes de transport doux moins émetteurs.

Sensibiliser les collaborateurs aux enjeux du changement climatique
La mise en œuvre d’une politique de mobilité durable ne peut fonctionner sans l’adhésion des collaborateurs. La sensibilisation aux enjeux du changement climatique est donc un préalable essentiel. Des ateliers de formation, des communications internes régulières ou la diffusion de données chiffrées sur l’impact collectif des déplacements contribuent à créer une culture d’entreprise orientée vers la responsabilité sociétale. Lorsque les salariés comprennent concrètement que leurs choix de mobilité influent sur le bilan environnemental de leur organisation, leur implication devient bien plus naturelle et durable.
Mettre en place des actions concrètes en faveur des transports propres
Inscrire la gestion de la flotte dans une démarche RSE globale
L’un des piliers d’une politique environnementale efficace réside dans la gestion responsable de la flotte de véhicules. Orienter progressivement les achats vers des véhicules électriques, hybrides rechargeables ou à hydrogène s’inscrit directement dans une logique de transition écologique entreprise. Des dispositifs comme le forfait mobilités durables, issu de la loi d’orientation des mobilités de 2019 et entré en vigueur le 10 mai 2020, permettent aux employeurs de soutenir financièrement les salariés qui optent pour des alternatives à la voiture individuelle thermique. Concrètement, ce dispositif autorise le versement d’une indemnité pouvant aller jusqu’à 600 euros par an et par salarié, exonérée de charges sociales dans certaines limites. Cette mesure s’applique à tous les salariés éligibles, qu’ils soient en CDI, CDD, en apprentissage ou en stage.
Les modes de transport éligibles à ce forfait sont variés : vélos personnels, trottinettes électriques, covoiturage, véhicules en autopartage électrique ou hybride, transports en commun, ou encore engins de déplacement personnels motorisés depuis janvier 2022. Depuis cette même date, le versement peut également prendre la forme de titres-mobilité dématérialisés, couvrant par exemple l’achat de vélos, les services de covoiturage ou la location de véhicules électriques.

Favoriser les mobilités douces pour réduire l’empreinte carbone
Au-delà du volet financier, les entreprises peuvent agir sur leur empreinte carbone en aménageant leur environnement de travail pour faciliter les mobilités douces. Installer des parkings à vélos sécurisés, prévoir des vestiaires ou des douches pour les salariés qui viennent à pied ou en vélo, et adapter les horaires aux contraintes des transports en commun sont autant de mesures concrètes qui font la différence. Le covoiturage mérite également une attention particulière : en organisant des plateformes internes de mise en relation, les entreprises favorisent un déplacement responsable tout en renforçant les liens entre collaborateurs.
La mobilité durable repose sur trois piliers indissociables : environnemental, économique et social. Elle vise l’accessibilité et la liberté de mouvement sur le long terme, ce qui implique de penser les solutions non seulement en termes d’impact sur l’environnement, mais aussi de coût pour les salariés et d’équité d’accès. Parmi les bénéfices les plus tangibles pour les salariés, on peut citer :
- une réduction des frais de déplacements grâce aux indemnités transport et aux prises en charge employeur ;
- une diminution du stress lié aux embouteillages ;
- une amélioration de la forme physique pour ceux qui adoptent la marche ou le vélo ;
- une contribution personnelle concrète à un projet environnemental collectif.
Ancrer la stratégie verte dans le système de management global
Aligner les services internes avec la norme ISO de développement durable
Pour que la politique environnementale ne reste pas un document déclaratif, elle doit s’intégrer dans le système de management de l’entreprise. S’appuyer sur des référentiels reconnus, comme les normes ISO dédiées au management environnemental, permet de structurer la démarche, de définir des procédures claires et de responsabiliser chaque service. Cette approche systémique garantit que les engagements en matière de mobilité durable s’inscrivent dans une dynamique d’amélioration continue et ne se limitent pas à des initiatives isolées. Le plan de mobilité employeur, obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés, constitue un outil structurant qui formalise les objectifs et les actions à mener sur les déplacements domicile-travail et professionnels.
L’adaptation du système de management aux enjeux environnementaux passe aussi par la coordination entre les services RH, juridique, financier et opérationnel. La mise en œuvre du forfait mobilités durables, par exemple, nécessite un accord collectif ou une décision unilatérale de l’employeur, ainsi qu’une collecte annuelle de justificatifs d’utilisation des modes de transport par les salariés. Ces exigences administratives doivent être anticipées et intégrées dans les processus internes dès la conception de la politique de mobilité.

Suivre la performance environnementale dans le rapport annuel
Une stratégie de développement durable se mesure et se communique. Le rapport annuel est le support privilégié pour rendre compte de la performance environnementale de l’entreprise, notamment en ce qui concerne la réduction des émissions liées aux déplacements. Y intégrer des indicateurs spécifiques à la mobilité (taux d’adoption des modes de transport doux, évolution du nombre de salariés bénéficiant du forfait mobilités durables, réduction des émissions de CO2 liées aux trajets) permet de piloter la démarche dans la durée et de démontrer la cohérence de l’engagement RSE auprès des parties prenantes. Le bilan carbone actualisé chaque année devient ainsi un véritable outil de pilotage et de communication, bien au-delà du simple exercice réglementaire.
Intégrer la mobilité durable dans la politique environnementale d’une entreprise, c’est finalement aligner des actions concrètes, un système de gestion rigoureux et une culture interne partagée autour d’un objectif commun : réduire l’impact des déplacements tout en améliorant la qualité de vie au travail. Cette cohérence est la marque d’une démarche RSE véritablement ancrée dans le quotidien de l’organisation.

